Quand ‘y’en a marre, ‘y’a Civil War…

Après Batman et Superman, c’est au tour de quelques héros Marvel de se taper dessus suite à quelques divergences d’opinions. Captain America Civil War : un titre de poids.  Civil War renvoie tant à la « guerre civile » qu’à la Guerre de Sécession (1861-1865) aux Etats-Unis (American Civil War). Côté comics, la saga Civil War a laissé une empreinte durable avec Mark Millar et Steve McNiven (et toutes les histoires issues de cet univers).

Mais derrière l’étiquette Civil War, on ne retrouve pas grand-chose du comics de base. Je ne partirai pas dans la comparaison point par point (sur l’élément déclencheur, sur l’étendue des mesures adoptées, sur l’opposition entre le Captain et Iron Man, le dénouement…), je laisse cela à plus qualifié. Je me limiterai à quelques impressions. Attention aux spoilers.


La question posée par le film a tout d’une « grande » : les Avengers sauvent le monde mais qui surveillent leurs actes ? Sont-ils vraiment responsables de leurs actions ? Ont-ils des comptes à rendre ? Suite à une mission qui a occasionné des morts à Lagos, c’est le réveil des nations : elles semblent découvrir que les Avengers ne font pas d’omelettes sans casser des œufs, il faut donc encadrer leurs actions ! La notion d’accountability, qu’on lie parfois à la montée du néolibéralisme, capitalisme actuel… fait son apparition. 117 nations signent les « accords de Socovie » (ONU power !) qui doivent mettre la bride sur les Avengers. Pour éviter de spoiler, cela appelle trois remarques :

  • Ironiquement, alors que ce sont les événements de Lagos qui sont à l’origine de ces accords, on se réfère à un autre événement. Trop d’Afrique tue l’Afrique ?
  • 117 pays ont signé ce qui veut dire que ce ne sont pas tous les pays qui ont signé. Pourquoi ces autres pays ne jouent-ils aucun rôle ? Proposer aux Avengers de les rejoindre, etc. ? Ils ou certains d’entre eux pouvaient servir de base de repli. Rien de ce côté-là.
  • On voit que les accords représentent une petite pile de pages mais on ne voit rien de leur contenu. Quelques points sont rapidement évoqués en passant mais on n’en voit pas plus.

Ces accords qui n’entrent pas dans les détails m’ont semblé être assez révélateur d’une tendance du film : celle de ne pas entrer en profondeur dans les interrogations sous-tendues par le thème retenu. L’opposition entre le Captain et Iron Man est bien moins profonde qu’il n’y paraît car derrière le différend par rapport aux accords se greffe un différend mêlant un peu de jalousie et, surtout, la vengeance contre l’amitié. Surtout, l’affrontement entre (quelques) super-héros est le fait d’une manipulation orchestrée dans l’ombre : il y a eu tromperie sur la marchandise. Les super-héros peuvent se tromper (et les dirigeants aussi), ce qui relativise leur opposition, lui fait perdre de sa substance.

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Z’ai cru voir un grosminet…

Le hic derrière tout cela tient en deux points :

 

  • Le « méchant » du film est arrivé à duper tout son monde pour une raison « classique » par excellence mais cela fait peur. Un homme seul peut donc berner la planète avec des ruses assez grossières ? Surtout, j’ai trouvé quelques incohérences, notamment le fait qu’il tue les autres soldats de l’Hiver. Comme le disait Bucky, ces types auraient pu mettre un boxon pas possible mais non, notre méchant veut que « l’Empire » soit détruit de l’intérieur (parallèle avec les USA ?) donc il se prive d’un atout pourtant prometteur…
  • Tony Stark change vite d’avis. Signer les accords parce qu’une mère est venue le voir pour lui filmer une photo de son fils mort en Socovie… Certes le moment n’est pas top pour lui (truc sur la mémoire, séparation temporaire ( ?) avec Pepper – d’où une voix féminine pour lui tenir compagnie ? Coucou Her…) mais il n’avait jamais pensé que les Avengers, dans leurs actions, tuaient des gens et qu’il pouvait y avoir des jeunes ? Tony…

Côté action, il y a des moments sympa’, comme l’affrontement à l’aéroport. Toutefois, le début du film avec les scènes d’action à Lagos m’ont semblé mauvaises, très mal filmées. Notamment le passage où la Veuve Noire poursuit les deux types pour mettre la main sur ce qu’ils ont pris. J’ai limite eu le mal de mer… De plus le film évite de tuer quelques héros que ce soit. J’y ai cru pour le pote de Iron Man mais non, il s’en sort et retrouvera peut-être toute sa mobilité (vive la technologie). L’introduction de Spiderman là-dedans m’a laissé froid : le « gosse » et sa propension à parler sont amusants. Une fois. A la longue cela devient un peu gonflant et il m’a fait penser à un autre moulin à paroles : Gray Mitchell dans Jurassic World. En plus la tante May version « jeune et sexy » mouais… la tendance à rajeunir tout le monde finit par devenir inquiétante…

L’humour est là, comme toujours, passant par des regards, des petites phrases. C’est souvent bien agencé même si quelques fois il y a la « phrase de trop » qui gâche un peu le plaisir.

Finalement, Captain America Civil War est un film divertissant mais vidé de son contenu. Certes on apprécie l’ouverture vers l’Afrique (intérêt bien compris ?), l’action est là, chaque super-héros a droit à sa mise en lumière, mais on reste sur quelque chose de bien trop gentillet à mon goût. Cela manque de noirceur, de morts. Ici c’est la « guerre civile » propre, qui ne fait pas de morts. Ce n’est pas toujours ainsi que ça se passe. Finalement le film donne plus l’impression d’être axé sur la vengeance et l’amitié que sur la « guerre » tant annoncée (on reste entre super-héros, six contre six au max’, pas de grosses interventions des militaires, etc. contre les Avengers). La lettre du Captain est jolie dans son contenu mais ne parvient pas à faire oublier le reste : le fait que l’opposition Iron Man – Captain America est finalement secondaire, même s’ils se tapent dessus comme il faut (action oblige). Sans rancune.

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Publié par

Anvil

Lecteur de manga, manhua, manhwa... visionneur d'animés, films... et de plein d'autres "trucs" car ma curiosité n'a (presque) pas de limites. Je suis touche-à-tout sans être bon à rien. Les avis présents ici n'ont, par conséquent, aucune prétention si ce n'est celle d'offrir un point de vue sur une œuvre qui m'a interpellé. Vous pouvez me retrouver sur Twitter : @Anvil_G ; sur Sens Critique : Anvil et ailleurs... See you Space Cowboy!

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