Deathco, tome 3 – Kill me Baby!

Synopsis du tome 3 : Reaper un jour, reaper toujours ? Alors que le pacte qui unit Deathko, à la mystérieuse et imposante Madame révèle toute sa noirceur, la Guilde désigne une nouvelle cible. Le trophée: un savant fou qui a mis au point une arme chimique mortelle. Peut-on sauver le monde lorsqu’on le hait de toute son âme ?

Le tome 2 nous avait laissé avec une Deathko mal en point. Le trophée désigné par la Guilde, Shotaro Ishiguro, offrait de la résistance – accompagné de ses hommes de main – en plus d’aimer dorloter les reapers souhaitant lui régler son compte. Entre la proie et les chasseurs, y avait-il une si grande différence ?

Toutefois, si la proie peut devenir chasseur, les choses vont rentrer dans le rang et la « chaîne alimentaire » du manga retrouver sa logique. Pendant que Hyper et Super Skull (je crois) augmentent encore un peu plus leur compte à rebours avant d’intervenir, Deathko va moissonner, non sans avoir été enfermée un instant (clin d’œil  à Soil). Lee ne sera pas de trop pour lui permettre de réussir sa mission. Je reviendrai sur cette victoire un peu plus bas.

Deatko est contente
Que va-t-il arriver au monsieur ?

Ce n’est pas encore dans ce tome que nous en apprendrons plus sur la Guilde. Elle reste dans le brouillard, quelque chose d’insaisissable. Si les trophées posent des questions, que certains trouvent des réponses, pour l’heure le mystère demeure. Peut-être vaut-il mieux ne pas s’intéresser de trop près à un sujet qui ne doit rapporter que des ennuis. Mais elle n’est pas la seule société secrète à opérer dans l’ombre, au service de desseins qui ne sont pas forcément en adéquation avec le bien commun.

Pour autant, le tome 3 est porteur de deux nouveautés :

  • La première : on apprend la mission que Madame M (qui conserve quelques réflexes – et on peut aussi déduire sa physionomie quand elle était en forme) a donné à Deathko. Je ne la révèle pas pour ne pas vous gâcher le plaisir, peut-être l’aviez-vous, du reste, déjà devinée.
  • La seconde : une nouvelle cible est attribuée à notre reapeuse. Outre la menace que représente le scientifique, menace bien plus importante que les précédentes où la Guilde dégommait de vilains petits canards… cette mission diffère des précédentes en ce qu’elle nécessite plus d’investissements de la part de Deathko : il faut localiser la proie, attendre… Spoiler : elle déteste ça.

Je n’insisterai pas davantage sur l’intrigue car ce n’est pas elle qui m’a le plus attiré dans le tome, contrairement à la structure d’ensemble et la manière dont plusieurs éléments s’articulent entre eux.

Deathko sur une statue
Une statue qui rappelle le bon temps…

Du côté de l’organisation du tome, la mécanique d’ensemble est bien huilée : Deathko moissonne, déprime puis une nouvelle mission arrive et la voilà repartie (non sans avoir mangé et s’être lavée), Lee restant à ses côtés pour veiller à ce qu’elle revienne en vie.

De plus, dans le combat qui oppose Deathko à Shotaro Ishiguro on retrouve des éléments aperçus dans les missions précédentes : les Dead Quenn Bee en difficulté ; une fumée qui tombe à point nommé ; le pied sur le visage de Kaho… On peut rajouter le fait que Hyper et Super Skull se font agresser par la limousine des Dead Queen Bee à l’aller comme au retour ainsi que les rêves/fantasmes de Kaho, qui sont en décalage avec sa situation réelle – au minimum dans le monde des Reapers.

Comme auparavant, on voit aussi que Deathko n’est pas bien vue. Dans le tome 2 cela se déroulait dans un fast-food, ici dans une supérette où, là aussi, elle rend les gens mal à l’aise. Pourquoi ? Est-ce seulement à cause de son apparence ? Trop bizarre donc mise à l’écart, comme une paria ? Après cette halte, elle fera un tour sur une statue et sur la route – ce qui nous offre un moment assez bizarre, le genre de bizarre que l’on peut trouver dans Soil ou Wet Moon où la réalité semble se distordre brutalement, où une rupture s’installe.

Deathko_observation

Finalement l’histoire de Deathco instaure une certaine récurrence dans des éléments de l’intrigue. On pourrait alors en déduire que récurrence <=> routine donc que Deathco est un manga qui ronronne. Mais il faut immédiatement souligner que la routine n’est jamais la répétition exacte de ce qui s’est passé auparavant. Il y a du jeu, des évolutions. Routine et innovation vont de pair. Par exemple :

  • Le nouveau joujou de Deathko, dévoilé dans le tome 2 à Lee est utilisé ici
  • Elle finit le combat plutôt mal en point
  • Le pied que reçoit Kaho lui laisse moins de marques
  • Lee et Deathko se déplacent dans des véhicules différents au fil des missions

Cette modification constante de ce que l’on a déjà aperçu se retrouve dans le dessin avec des jeux de miroirs. On peut prendre l’exemple du building que Deathko observe dans un premier temps à proximité, sans être maquillée (image ci-dessus) puis qu’elle investit (image ci-dessous) : elle l’occupe désormais, elle est apprêtée, c’est Lee qui observe, des corbeaux sont là, le ciel a changé…

Deathko et Lee obs

Le changement se perçoit aussi dans le toucher ! En effet, une fois ôtée la jaquette du tome on réalise que ce dernier n’a pas le même rendu, la même texture que les deux premiers.

En somme, ce troisième tome de Deathco est trompeur. Il donne l’impression d’être dans un terrain connu, entretient un air de famille évident avec les précédents, pourtant Atsushi Kaneko ne se contente pas de répéter une partition déjà jouée mais la réinterprète, instille des changements et nous conduit vers on ne sait trop quoi mais peu importe, on le suivra jusqu’au bout !

3 Tomes
Le jeu sur le noir et le blanc…

 

Titre Original : デスコ
Année de parution : 2014- en cours au Japon ; depuis 2016 en France
Nombre de tomes parus en France : 3
Catégorie : Cruauté, moisson, mort, folie, pom-pom girls
Dessin et scénario : Atsushi Kaneko
Éditeur : Casterman
Prix : 8.45 euros le tome

PS : les photos ont été prises par mes soins à des fins purement illustratives. Les copyrights habituels s’appliquent.

Publié par

Anvil

Lecteur de manga, manhua, manhwa... visionneur d'animés, films... et de plein d'autres "trucs" car ma curiosité n'a (presque) pas de limites. Je suis touche-à-tout sans être bon à rien. Les avis présents ici n'ont, par conséquent, aucune prétention si ce n'est celle d'offrir un point de vue sur une œuvre qui m'a interpellé. Vous pouvez me retrouver sur Twitter : @Anvil_G ; sur Sens Critique : Anvil et ailleurs... See you Space Cowboy!

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