Blood & Steel, tome 6 – La tournée du patron

Enfin ! Aperçu à la fin du tome 2, évoqué à plusieurs reprises, le grand maître de Wudang, Yao Lianzhou, était resté jusqu’à présent dans l’ombre. La couverture du tome 5 nous laissait espérer que son heure était venue. Hélas, Yao Lianzhou n’apparaissait qu’en fin de volume. Si cela suffisait pour avoir un bref aperçu de son kung-fu, le constat s’imposait : le tome 6 devait nous en offrir davantage. En ce début du mois de juin l’occasion nous est ainsi offerte d’admirer le grand maître de Wudang manier l’épée face à la confrérie Huashan. Le dicton « l’épée revient à Huashan » va être soumis à rude épreuve.

Parer

Yao Lianzhou repartira du mont Huashan comme il était arrivé : les mains dans le dos, avec la démarche tranquille de celui qui n’a rien à craindre. Sa démonstration que Wudang est invincible sous le ciel s’est révélée très convaincante. Car c’est bien une démonstration à laquelle on assiste. Il n’est pas exagéré de dire qu’arrivé à ce sixième tome, nous n’avons pu croiser d’individus qui puissent égaler Yao Lianzhou. Un des intérêts de la suite de Blood & Steel sera de voir si quelques-uns émergent, du côté de Koreiran, Jing Lie, Yan Heng et d’ailleurs.

Encore un mot sur le maître du Wudang : il apparaît comme un être à part, avec son vêtement d’un blanc immaculé (et qui le reste) – admirez le jeu sur la couleur dans l’image issue du tome qui sert de header, où le blanc devient noir -, son économie des mots (il explique en quelques phrases ce qu’il veut) et son style de combat. Sa visite à Huashan répond à son propos de la fin du tome 2 : « ça ne va pas assez vite. » Une parole intrigante : faut-il aller vite pour éviter que le gouvernement s’en mêle ? éviter une alliance des écoles d’arts martiaux ? atteindre une masse critique pour ne plus être menacé ? parce que la durée de vie du grand maître est comptée ? Il n’y a pas eu de réponse explicite pour le moment.

Larmes

En commençant par Yao Lianzhou le tome 6 inverse la logique du tome 5 : Jing Lie et les autres seront abordés lors des deux derniers chapitres du volume. Que deviennent-ils ? Trois mois ont passé, où ils se sont tenus en retrait de Wudang. Le temps de recharger les batteries, continuer à s’entraîner (nouvelle arme pour Jing Lie !), apprendre la nouvelle pour Huashan et maintenir leur volonté d’en découdre. Notamment celle de Yan Heng qui se verra proposer une porte de sortie, qu’il refusera. Ses deux objectifs (recréer la confrérie de Qingcheng, se venger de Wudang) restent bien ancrés et on perçoit l’évolution en cours du personnage. En plus, Jing Lie va l’entraîner aux techniques d’épées doubles !

Motivation

La lecture des cinq chapitres se fait sans difficulté et on peut à nouveau apprécier les planches avec les positions et mouvements qui se donnent à voir. Les scènes de combat sont toujours commentées d’un point de vue externe décortiquant ce que le dessin offre à nos yeux. Plus les tomes passent, plus on ressent les années de travail nécessaires aux personnages présents pour atteindre le niveau qui est le leur, comprendre ce que telle posture autorise et interdit… Les arts martiaux sont un travail de longue haleine mais travailler dur n’est pas suffisant car on peut toujours être balayé par plus fort que soi. La confrérie Huashan et d’autres avant elle l’ont appris à leur dépens.

Du côté de l’édition française, le tome proposé est dans le droit fil des précédents du point de vue de la dimension, qualité, prix. La couverture ne vaut pas celle, géniale, du tome 4 mais cette dernière ne sera pas facile à égaler ! A noter une alternance du côté de la traduction et de l’adaptation : c’est Baptiste Gaussen qui officie (déjà présent sur les tomes 2, 3 et 4) en lieu et place de Solange Cruveillé (tomes 1 et 5).

En terminant ce sixième tome l’impression qui domine est celle qu’une étape a été franchise et que l’on entame une nouvelle partie dans Blood & Steel. Une partie qui ne sera pas moins animée que la première et qui nous permettra de découvrir de nouveaux personnages, de nouveaux arts et de nouvelles « discussions ». En somme si vous suivez déjà la série, le tome confirmera les (nombreuses) impressions positives que vous avez ; si vous hésitez à la débuter, Yao Lianzhou vous convaincra de le faire. D’ailleurs, Jozev s’est même senti « un peu offensé » en voyant que le grand maître de Wudang avait une popularité galopante, menaçant celle de Jing Lie et Yan Heng !

Blood & Steel 6 couverture

Titre Original : 武道狂之詩
Année de parution : 2011 – en cours à Hong-Kong ; 2015 – en cours en France
Nombre de tomes : 6 en France (en cours)
Catégorie : Arts martiaux, kung-fu, action, arts martiaux, aventure, drame, histoire
Dessin : Felix IP – Unicorn Studios
Scénario : Toe Yuen – Unicorn Studios, d’après l’oeuvre de Jozev
Éditeur : Kotoji Editions
Prix : 7,95 euros

Publié par

Anvil

Lecteur de manga, manhua, manhwa... visionneur d'animés, films... et de plein d'autres "trucs" car ma curiosité n'a (presque) pas de limites. Je suis touche-à-tout sans être bon à rien. Les avis présents ici n'ont, par conséquent, aucune prétention si ce n'est celle d'offrir un point de vue sur une œuvre qui m'a interpellé. Vous pouvez me retrouver sur Twitter : @Anvil_G ; sur Sens Critique : Anvil et ailleurs... See you Space Cowboy!

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