Dorohedoro, tome 19 – No Stress

Avant d’évoquer le tome 19 paru hier, quelques mots sur le comment je suis tombé dans la marmite Dorohedoro. Ce n’était pas gagné d’avance : après avoir feuilleté les premiers chapitres en 2013, je ne suis vraiment revenu vers le manga que l’an passé. Voir les superbes couvertures a fini par me faire passer outre à ma principale réserve : le dessin. Je n’étais vraiment pas attiré par ce que Q Hayashida proposait. Je précise : ce qui me gênait tenait aux proportions des corps, notamment le rapport entre les jambes et le reste. Sur certains plans les personnages avaient un côté « écrasé » (jambes réduites) quand sur d’autres (notamment Caïman), c’était l’aspect « étiré » qui prévalait.


Pour autant, en lisant plusieurs tomes à la suite, cette réticence est allée en s’amenuisant. Elle a été emportée par un flot, celui de Dorohedoro. Ce manga est comme une marmite en ébullition : des petites bulles éclatent tout le temps, qui délivrent au lecteur un vrai plaisir. Dorohedoro ou un chaos savamment organisé.

Le point de départ est une quête d’identité : Caïman est un homme à tête de lézard. Il est ainsi à cause d’un mage. Amnésique, il vit à Hole et se lie d’amitié avec Nikaidô, une jeune femme qui tient un restaurant que Caïman fréquente (sans toutefois payer tout ce qu’il consomme). Ensemble ils dégomment des mages et veulent faire la lumière sur ce qui est arrivé à Caïman, pour lui permettre de retrouver sa tête et ses souvenirs. L’histoire ne fait que commencer…

A partir de là, Q Hayashida va mélanger différents éléments, qui produisent des réactions parfois inattendues mais toujours réussies. Elle dose parfaitement ce qu’elle fait pour produire les bons précipités, obtenir les bons résultats : c’est une chimiste de génie.

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Noi et Shin (à côté : Fujita et Ebisu)

Parmi les « substances » qu’elle utilise il y a d’abord les personnages. Dans Dorohedoro, pour faire simple, il y a trois catégories : les humains basiques, les mages et les diables. Je ne vais pas vous faire la liste mais évoquer simplement celui qui a attiré mon attention plus que les autres. L’arrivée du duo Shin et Noi a marqué un premier temps fort mais, leur boss, En, s’il y a un personnage qui a crevé l’écran c’est leur boss : En. Ce type a un pouvoir en rapport avec… les champignons. On pourrait en rire. Mais ce pouvoir est effrayant et fait d’En un des mages les plus puissants, à la tête d’un véritable empire qu’il doit, en partie, à tout un tas de produits à sa gloire et en rapport avec les champignons. Un truc de fou qui fait passer le Mayo-guy de Gintama pour un petit joueur. Introduisant peu à peu différents groupes, jonglant avec les intrigues, Q Hayashida maîtrise sans difficulté son sujet.

Viennent ensuite les lieux. L’action se déroule à Hole ou dans le monde des mages. L’occasion d’explorer des endroits divers et variés : appartement, restaurant, hôpital, balade en forêt, dans un manoir, un grand magasin… A chaque fois l’auteur parvient à en faire un moment mémorable, notamment grâce à tous les événements qui sont organisés : de la nuit des morts-vivants à la partie de base-ball, en passant par la Blue Night dans le monde des mages, il y a de quoi rire et se prendre d’affection pour ces mondes et les personnages qui y évoluent. Mais pas forcément d’y être car c’est légèrement dangereux.

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En sans son masque mais avec des champignons

Enfin, comme pour mieux donner à voir l’état de ses travaux, l’auteur nous propose, en fin de volume, outre un maléfice bonus, un récapitulatif de ce que nous avons appris dans le tome.

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Et le tome 19 dans tout cela ? Fidèle à la série, il se lit d’une traite, nous laissant avec deux gros morceaux pour la suite de la série.

Depuis la fin du tome 17, l’action se concentre à Hole, du côté du grand magasin central, un bâtiment qui a été construit pour boucher une fosse dont vous n’avez pas envie de savoir ce qu’elle contient. Moyennant quelques événements, un bouleversement a lieu (coucou le boss des yeux-en-croix), qui modifie l’endroit en profondeur et le rend dangereux : digne d’un bon film d’horreur. Pour autant, différents groupes cheminent dans le grand magasin central.

Petite halte

Il y a ceux qui ne craignent rien : les diables qui sont arrivés à destination (merci la maison noire) et commence leur petit cheminement dans le magasin pour retrouver celui qu’ils cherchent. Ils procèdent comme un groupe d’élèves parti en excursion avec une brochure informative que leur boss (Chidaruma) va nous commenter un petit peu, une pause pique-nique, une prise de souvenirs par un des diables (un cadavre). En somme, dans une atmosphère chaotique, ce groupe se distingue par son calme et son côté au-dessus de la mêlée. « No stress », telle est leur devise.

De ce groupe émerge un diable : Haru. En effet, elle doit éjecter son mari (le professeur Kasukabe) de son corps pour lui éviter des ennuis. Elle s’écarte donc des autres diables et va tomber sur le duo reconstitué : Nikaidô et Caïman ! Les deux se sont retrouvés à la fin du tome 18 et moyennant quelques longs moments de réflexion pour savoir si c’est bien le vrai Caïman qui est devant elle (ou comment l’auteur s’amuse avec l’intrigue qu’elle a tissée, pour mieux embêter un de ses personnages), Nikaidô a fini par faire équipe avec lui, surtout qu’il a loupé plusieurs épisodes qui se sont passés dernièrement. Toujours en proie à certains changements (merci le statut de diable en formation), Nikaidô va donner le tempo pour la suite du tome.

Nikaido et Caiman couteau
Enfin, la En Family est toujours là. Même si elle n’est plus composée que de quelques têtes (au sens propre) et d’une Noi toujours sur le carreau, l’objectif de ressusciter En n’a pas disparu. Dans ce qui s’apparente au geste du dernier espoir, Chôta (que l’on voit sans son masque), Fujita et Turkey vont essayer de rejoindre Ebisu pour lui remettre le diablotin de En. Shin est toujours contrôlé et amputé mais celui qui le dirige attire l’attention de Risu/Kaas ce qui ne sera pas sans conséquence pour la suite…

dodo
Il y aurait encore pas mal de choses à dire sur ce qui se passe dans cet univers clos, sur l’humour, comment l’auteur enchaîne avec des passages plus sérieux, sur tous ces éléments qui viennent, peu à peu, compléter le puzzle mais l’essentiel est là : avec ce nouveau tome Dorohedoro confirme que c’est une excellente série qui n’a pas fini de nous surprendre !

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Publié par

Anvil

Lecteur de manga, manhua, manhwa... visionneur d'animés, films... et de plein d'autres "trucs" car ma curiosité n'a (presque) pas de limites. Je suis touche-à-tout sans être bon à rien. Les avis présents ici n'ont, par conséquent, aucune prétention si ce n'est celle d'offrir un point de vue sur une œuvre qui m'a interpellé. Vous pouvez me retrouver sur Twitter : @Anvil_G ; sur Sens Critique : Anvil et ailleurs... See you Space Cowboy!

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