Marie-Antoinette vue par Fuyumi Soryo

La semaine précédant la parution du manga de Fuyumi Soryo, Marie-Antoinette – La jeunesse d’une reine a été marquée par différents messages sur la page Facebook de Glénat Manga, dont le dernier en date s’adresse directement à nous :

« Qu’est-ce qui vous attire le plus dans le manga Marie-Antoinette, la jeunesse d’une reine ?
Le dessin et ses pages couleurs délicates et pastel ?
L’Histoire, retracée avec rigueur ?
… Dites-nous tout ! »

Ma réponse réside dans les lignes qui suivent…

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Le 16 octobre 1793, Charles-Henri Sanson exécute Marie-Antoinette. Elle n’a pas 38 ans et a passé la majorité de son existence loin de l’Autriche qui l’a vu naître. Elle n’a pas encore 15 ans qu’elle quitte son pays natal, pour un voyage en carrosse de 1570 kilomètres afin d’être mariée à Louis-Auguste de France, futur Louis XVI. Les deux êtres ne se sont jamais rencontrés. Mariage arrangé. Mariage pour sceller la réconciliation entre la France et l’Autriche. Aussi Louis-Auguste est quelque peu surpris lorsqu’ils se voient pour la première fois : ce ne fut pas comme une apparition. A ses yeux, son épouse ne fait pas ses 15 ans, est « maigrichonne » ; pour elle, Louis-Auguste est grand comme « une asperge », elle a du mal à voir son visage quand ils marchent et craint de se faire un torticolis…

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Passé ce premier contact, Marie-Antoinette va devoir se familiariser avec les codes de Versailles et de la cour. La jeune fille doit devenir femme et apprendre comment un membre de la famille royale se comporte et parle. Cette socialisation ne se fera pas sans heurts. Elle ne comprend pas le monde qui l’entoure. Tout est différent de ce à quoi elle était habituée en Autriche. Le mal du pays n’est pas loin : « Où êtes-vous, forêts, lacs, mon beau Danube ? » se demande-t-elle le soir.

Pour autant, Marie-Antoinette ne baisse pas les bras et saura faire preuve de caractère pour bousculer le protocole, les règles et autres coutumes en vigueur (il faut se conformer aux usages arrêtés par feu Louis XIV). Cela n’ira pas sans quelques maladresses et paroles qui ne pourront que la rendre sympathique aux lecteurs.

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Si le manga ne porte pas sur la décadence de la royauté et de la noblesse, le manga contient des éléments qui ne sont pas à leur honneur entre le mépris affiché pour les gens du peuple (mépris que cristallise Madame du Barry : son cœur est « plein de souillure » car elle est de pauvre naissance…), une vie à Versailles coupée de ce qui se passe ailleurs (c’est le règne de l’entre-soi, le peuple de France semble bien loin) – comme si les personnages étaient prisonniers du château – et des finances royales en mauvais état mais qui ne semblent guère tracasser Louis XV (en ce temps-là les règles budgétaires et les agences de notation n’étaient pas) qui a « une idée » pour les améliorer…

Comme le titre de l’œuvre l’indique, nous ne voyons qu’une petite partie de la vie de la future Reine de France : son arrivée et ses débuts aux côtés de son époux. La construction de leur relation est le fil rouge de ce manga, le dauphin de France se révélant peu à peu être un partenaire privilégié pour ouvrir les yeux de la jeune dauphine sur le « tout Versailles ».

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Alors que Marie-Antoinette peut être croisée dans nombre de films, ouvrages, tableaux, bandes dessinées… Marie-Antoinette – La jeunesse d’une reine n’est pas une fiction de plus où le personnage apparaît, une banale biographie. D’abord parce qu’un soin tout particulier a été accordé aux fondements historiques du récit : le manga a été supervisé par le conservateur général du patrimoine des musées du Château de Versailles, Alexandre Maral ; les libertés prises sont évoquées en fin d’ouvrage, où figure aussi une bibliographie ainsi que plusieurs photographies et images de Versailles et de tableaux de la famille royale.

Ensuite, parce qu’il s’agit d’une réalisation de Fuyumi Soryo, que l’on reconnaît à travers le trait des personnages, et l’importance accordée à l’architecture et aux tableaux que l’on peut apercevoir. Elle n’a rien perdu de ce qu’elle nous montre ailleurs avec César Borgia. Le récit et le dessin se mêlent pour nous offrir un vrai moment de plaisir lorsque nous parcourons les pages.

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Commande de l’éditeur Glénat, en partenariat avec Kodansha et le Château de Versailles, à Fuyumi Soryo, Marie-Antoinette – La jeunesse d’une reine, bénéficie d’une édition soignée avec des effets dorés sur la couverture, des pages couleurs et une impression qui rend toute la précision et les détails du trait de la mangaka. Un ouvrage réussi dans le fond comme dans la forme à côté duquel il serait dommage de passer.

Un extrait peut être consulté ici.

NB : Les images présentées ici demeurent la propriété de Fuyumi Soryo, Kodansha et Glénat.

Publié par

Anvil

Lecteur de manga, manhua, manhwa... visionneur d'animés, films... et de plein d'autres "trucs" car ma curiosité n'a (presque) pas de limites. Je suis touche-à-tout sans être bon à rien. Les avis présents ici n'ont, par conséquent, aucune prétention si ce n'est celle d'offrir un point de vue sur une œuvre qui m'a interpellé. Vous pouvez me retrouver sur Twitter : @Anvil_G ; sur Sens Critique : Anvil et ailleurs... See you Space Cowboy!

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