Le Vagabond de Tokyo 5 – Yoshio is unbreakable

« Pour moi, ça n’a pas de sens de devenir
un rouage de la civilisation matérielle et de
travailler comme une fourmi… Les gens me
surnomment ‘le vagabond mélancolique’ »
(Yoshio Hori)

Il est de retour ! Pour notre plus grand plaisir Yoshio Hori et ses (més)aventures font partie des nouveautés proposées par le Lézard Noir en ce mois de novembre. C’est parti pour un tome 5 où il sera question de téléphone rose, d’amitié, d’acteur, de vie de bureau et de symptôme d’érection continue.

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Il y a quelques mois, je faisais mon entrée dans l’univers du Vagabond de Tokyo. Des premiers pas qui se terminaient sur une note plus que positive tant l’univers dépeint par Takashi Fukutani mêlait les tonalités légères et graves et nous offrait une galerie de personnages avec de sacrés numéros. Mais nous n’avions pas tout vu.

La couverture du cinquième best-of de la série interpelle rien qu’avec la posture et l’allure de Yoshio. Il ne nous avait pas habitué à cela sur les précédents tomes. Son côté vagabond mélancolique qui se révèle, sûrement ! Surtout, la couverture contient un mystère : au dos figure un coq : que vient-il faire ici ? Yoshio se serait-il piqué d’élevage ? Est-ce une source de nourriture ? Un clin d’œil ? La lecture de la dernière histoire répondra à ces questions.

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Le coq en question

Continuité et changement

Les premières pages du tome nous replongent immédiatement dans l’ambiance de la série : Yoshio est avec une femme, ils font l’amour mais… tout ceci n’est qu’un rêve hot de plus, qui rejoint la galerie déjà fournie du personnage. Ce ne sera pas le seul de ce volume qui verra, en plus, Yoshio avoir quelques ennuis avec son appareil reproducteur…

Des ennuis il en aura bien d’autres. On retrouve avec plaisir le dictateur propriétaire avec sa petite moustache qui est toujours aussi intransigeant avec celui qu’il appelle « le cafard » et qui a toujours un loyer de retard. On sourit encore plus en voyant leurs interactions, en retrouvant ici et là les mots qu’ils glissent pour que les résidents ne jettent que du papier dans les toilettes, etc. Nous sommes dans un environnement familier et il est plus qu’agréable de se replonger dedans.

Pour autant, si le cinquième tome contient des thèmes présents dans les précédents il n’y a pas de répétition. De nombreuses nouveautés sont présentes : on se focalise sur de nouveaux personnages, Yoshio embarque dans de nouvelles aventures – tout en faisant de temps en temps un petit crochet par les chantiers ou par la chambre de Rokuda pour se servir de son téléphone alors que ce dernier planche sur son manga.

Trois essais sur Yoshio

Pour aller droit au but, ce tome m’a particulièrement plu pour trois éléments, que je rattache à trois histoires présentes dans le volume.

Il y a d’abord l’épisode « Les meilleurs amis » où Yoshio va se faire un ami en la personne de Hajime, qui fait des German Souplex comme Onizuka ! Particularité : il cite des proverbes qu’il explicite dans la foulée car ses interlocuteurs ne les connaissent pas. Malheureux en amour, devant de l’argent à quelques yamikins/usuriers, vivant dans un appartement aussi délabré que celui de Yoshio, les deux personnages ont beaucoup en commun. C’est sans doute pour cela qu’ils vont bien s’entendre, que Yoshio tentera de prendre soin de lui, de s’amuser (l’épisode de la bataille de boules de neige est vraiment mignon) avant que leur amitié ne soit durement mise à l’épreuve… Yoshio finira avec une incapacité de travail de deux mois. « Faites le bien, vous ferez des ingrats » lui dira Hiromi après avoir entendu son histoire.

Ensuite, il y a l’histoire « Changing my soul » où Yoshio va, involontairement, échanger son corps avec celui de Kaneko, 43 ans, un employé de bureau ayant une femme et une fille. L’occasion pour notre vagabond de Tokyo de vivre une vie à laquelle il aspirait et pour Kaneko de voir ce que cela fait de vivre dans la peau de Yoshio. Est-ce que cet échange de vie les satisfera tous les deux ? Peut-être mais la fin nous ramènera au point de départ. L’expérience vécue par Yoshio ne le poussera pas à postuler pour une place derrière un bureau et il retrouvera son activité favorite, à un détail près.

Enfin, la troisième histoire du recueil, « Rêve et soupir » – sous-titre du tome – est celle qui m’a le plus accroché, pour deux grandes raisons : la première c’est la dèche dans laquelle se trouve Yoshio. La résidence Dokudami doit être rasée. Mauvaise nouvelle : le propriétaire n’a pas attendu Yoshio et s’est débarrassé de ses affaires. On ne sait pas trop où était passé Yoshio mais le voilà à la rue ou dormant (illégalement) dans son ancien appartement où il n’y a rien, ni futon ni couverture… mais des courants d’air ça oui ! Ce logement contraste avec la résidence de Shôko, une jeune femme à laquelle Yoshio va porter secours (et Takashi Fukutani aborde, en passant, la thématique de l’avortement).

La deuxième raison découle de ce qui précède : dans « Rêve et soupir » Yoshio n’a sans doute jamais été aussi proche de pouvoir avancer. Sortir de cette stagnation et du sentiment qu’il a que, depuis son arrivée à Tokyo, il ne s’est rien passé, que l’inertie règne. En rencontrant Shôko, Yoshio va se ranger, modifier son habillement, sa coupe de cheveux… Le courant passe entre eux et, alors que l’on se met à rêver d’une mise en couple, il ne faudra pas plus de quelques pages pour que cela lui échappe. Le supplice de Tantale version Fukutani. Yoshio doit rester seul, il faut s’y faire mais cet échec sera plus marquant pour le lecteur que pour notre anti-héros, qui ne s’épanche pas outre mesure sur sa nouvelle déconvenue.

***

On termine les 439 pages sur une note humoristique, qui nous rappelle que le héros de la série n’a pas son pareil pour tomber dans des plans pas croyables. Toujours aussi addictif à lire, les histoires sélectionnées s’enchaînent parfaitement, se lisent avec bonheur, avec un langage toujours aussi fleuri quand les circonstances l’exigent. Surtout, Le Vagabond de Tokyo 5 nous permet de creuser un peu plus encore le personnage de Yoshio Hori. Reste une question qui s’imprime sur nos lèvres et dans notre esprit à la fin de ce tome : y aura-t-il un sixième ?

Publié par

Anvil

Lecteur de manga, manhua, manhwa... visionneur d'animés, films... et de plein d'autres "trucs" car ma curiosité n'a (presque) pas de limites. Je suis touche-à-tout sans être bon à rien. Les avis présents ici n'ont, par conséquent, aucune prétention si ce n'est celle d'offrir un point de vue sur une œuvre qui m'a interpellé. Vous pouvez me retrouver sur Twitter : @Anvil_G ; sur Sens Critique : Anvil et ailleurs... See you Space Cowboy!

2 réflexions au sujet de « Le Vagabond de Tokyo 5 – Yoshio is unbreakable »

    1. Merci Loïk ! 🙂
      C’est vrai que ça fait du bien de lire un tel titre, en plus le choix de ne publier que certaines histoires nous permet de profiter des meilleurs moments de la série, un vrai régal. 😀

      J'aime

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