Bestiarius, tome 4 – Le songe d’une vie paisible

Kazé Manga termine l’année 2016 comme il l’avait commencé : avec un tome de Bestiarius, le manga de Masasumi Kakizaki ! Pour ce quatrième tome (qui n’est pas le dernier de la série), on voyage entre Rome et Britannia, l’occasion de revoir quelques figures familières.

Rappelez-vous de la fin du tome 3 : aidé par Finn et Durandal, notre quatuor de jeunes (Elaine, Arthur – les deux figurent dans l’image ci-dessus -, Pan et Galahad) avaient réussi à s’échapper de Rome et de son arène funeste pour regagner Britannia et la région d’Hebden. Á cette occasion, Finn avait soigneusement mis en garde l’empereur Domitien : « […] si jamais tu touches encore à un cheveu de ma tribu [Elaine, Arthur, Pan et Galahad], on reviendra t’abattre, toi et ta cité ! »

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Lucius Dias

Quand on attaque l’empire, il contre-attaque

Les premières pages du volume 4 nous indiquent que l’empereur Domitien continue son entreprise macabre : éliminer tous les non-humains présents dans les territoires de l’empire. Il n’est même plus question d’en faire des esclaves : la suppression totale est le mot d’ordre. Dans cette entreprise de mort, une figure se dessine : un centurion, Lucius Dias qui, s’il se bat pour protéger les siens et sa cité, commence à se poser des questions sur ses actes.

C’est d’ailleurs lui le personnage central du tome. L’intrigue avance avec lui et c’est en sa compagnie (en plus de celle de l’empereur) que l’on embarque pour Britannia car Domitien compte bien en finir avec ceux qui l’ont humilié il n’y a pas si longtemps. La vie paisible a été de courte durée pour Arthur, Elaine… Une confrontation s’ensuivra qui verra l’empire reculer et l’empereur repartir la queue entre les jambes. Une nouvelle déconvenue mais qui signe une victoire au goût amer pour les résidents de la vallée d’Hebden.

Lucius en sortira vivant, malheureusement pour lui. Car l’expédition a tourné au fiasco et son séjour du côté d’Hebden va lui donner des idées hérétiques au plus haut point aux yeux de l’empereur et de ceux qui trouvent leur compte à la politique menée. L’occasion de renouer avec un lieu que l’on connaît bien, depuis les débuts du manga et la première apparition de Finn : l’arène. Lucius doit mourir mais autant le faire au cours d’un spectacle qui comblera le peuple et fera gagner quelques points de popularité supplémentaires à Domitien… Et là, surprise du chef car Masasumi Kakizaki nous laisse entrevoir un adversaire très célèbre, un grand adversaire de Rome, mais dont la fin diffère sensiblement de celle qui est parvenue jusqu’à nous.

Il y a quelque chose de pourri à Rome

Bestiarius continue donc à nous montrer un empire romain revisité, dont la politique de purification est de plus en plus repoussante. Pourtant d’autres voies sont possibles, ce qui se passe dans la région d’Hebden donne alors un rôle de contre-modèle absolu, d’où la nécessité de le supprimer et justifier un peu plus encore le fait qu’il n’y ait pas d’alternative. Surtout que l’échec subi génère des révoltes à Rome, des doutes au sujet de la capacité de l’empereur a bien mené la barque à bon port.

Á cet égard l’accent placé sur Lucius et sur le côté romain de l’histoire se révèle précieux pour mieux appréhender les conditions de vie de la population : même s’il s’agit d’un centurion, il ne marche pas sur l’or et son habit comme l’intérieur de sa demeure contrastent avec les fastes des sénateurs et de l’empereur.

Visuellement le trait de Masasumi Kakizaki se reconnaît très rapidement et il continue à être d’une grande efficacité que ce soit pour dépeindre des visages sur lesquels on devine rapidement les intentions ou pour nous offrir quelques affrontements à haute intensité. Détail intéressant : le mangaka nous avoue en postface avoir du mal à dessiner des personnages qui ne sont pas humains, chose que l’on ne repère pas aisément à voir ceux qui figurent dans ce tome comme dans les précédents (la Manticore, Béhémoth, Durandal…). D’autres anecdotes sont données par l’auteur, mais vous les découvrirez avec le tome…

Du côté de l’édition, Kazé reste dans les standards des tomes précédents : les pages couleurs en début de volume sont toujours aussi agréables, tout comme la jaquette, dont l’image est à parcourir en large… Yohan Leclerc continue à officier du côté de la traduction et il n’y a pas de fausse note à signaler, la lecture est claire et limpide.

***

En fin de compte ce tome 4 de Bestiarius passe trop vite ! En poursuivant sa vision d’un empire romain superpuissance qui éradique tout sur son passage, Masasumi Kakizaki introduit un nouveau personnage dont le devenir nous préoccupe et on espère qu’à partir de lui jaillira une étincelle qui pourra embraser Rome et balayer un régime et des gouvernants qui n’ont que trop duré. Un très bon tome qui invite à relire les précédents et à patienter en attendant le suivant prévu pour octobre 2017 (source).

Publié par

Anvil

Lecteur de manga, manhua, manhwa... visionneur d'animés, films... et de plein d'autres "trucs" car ma curiosité n'a (presque) pas de limites. Je suis touche-à-tout sans être bon à rien. Les avis présents ici n'ont, par conséquent, aucune prétention si ce n'est celle d'offrir un point de vue sur une œuvre qui m'a interpellé. Vous pouvez me retrouver sur Twitter : @Anvil_G ; sur Sens Critique : Anvil et ailleurs... See you Space Cowboy!

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