Wizard of the Battlefield – Ma sorcière bien-aimée

« Si tu la laisses te ronger, la
rancune finira par te pourrir la vie ! »
(Tetsunoshin à Haru)

Alors que des animés comme Shûmatsu no Izetta ou l’adaptation de romans à venir, Yōjo Senki, nous proposent de voir des sorcières sur le champ de bataille, côté manga on peut se reporter à  Wizard of the Battlefield, de Daisuke Hiyama, dont l’avant-dernier tome est paru fin novembre aux éditions Doki Doki.

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La chasse aux sorcières n’aura pas plus lieu

Dans une atmosphère qui n’est pas sans évoquer la Première Guerre mondiale, l’Empire Bandchou est en conflit ouvert avec la République de Lordland. Dans les rangs de l’armée impériale se trouve une jeune fille orpheline de père et de mère : Haru Amagi. Que fait-elle ici ? C’est un « atout » i.e. une personne qui possède des pouvoirs surnaturels (Haru a la capacité de détecter les vies humaines dans un certain rayon et ceci quelques que soient les conditions de lumière, météo’…)… et elle n’est pas le seul atout présent dans les rangs de l’armée : on retrouve, par exemple, Kaoru Kondô, un jeune garçon qui peut accélérer la guérison des blessures.

De telles présences ne vont nullement de soi : côté Banchou, l’existence des atouts, de sorcières et sorciers n’est pas complètement acceptée et suscite bon nombre de réprobations, stigmatisations… Une situation qui n’est pas sans rappeler l’histoire de l’Europe où l’on estime qu’entre le XIIIème et le XIXème siècles, un million de personnes ont été exécutées au titre du crime de sorcellerie. Toutefois, de la même manière qu’il y avait une certaine logique derrière ces éliminations (plus fréquentes lorsque les récoltes étaient mauvaises ; les « sorcières » étaient souvent des femmes seules…), dans Wizard of the Battlefield la guerre pousse à leur acceptation a minima : il serait dommage, dans un tel contexte, de se priver de pouvoirs qui peuvent faire la différence. Des rumeurs font même état d’expériences conduites du côté de Lordland pour avoir ses propres sorciers et sorcières…

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Le danger ne dissout pas tous les liens

Wizard of the Battlefield met particulièrement l’accent sur les liens reliant les personnes. On débute le manga alors que Haru fait partie du bataillon Furusawa où ses camarades l’acceptent sans a priori. Il devient sa famille, que Haru protègera en dégommant tous les ennemis qui approchent (elle est sniper). Pourtant, à la faveur d’une opération menée par Lordland, le bataillon Furusawa est décimé. Haru est l’unique survivante.

La jeune fille va maudire sa survie, qu’elle associe à un échec. Elle jure alors de se venger des responsables du massacre. Dans ce cadre, Haru ne veut plus créer de liens : sa vengeance doit être solitaire pour ne plus souffrir en voyant des êtres chers disparaître ni être regrettée par qui que ce soit si jamais elle venait à trépasser. Pourtant, à la faveur de son intégration dans un nouveau bataillon sous l’autorité d’un « officier subalterne en perdition », Tetsunoshin Kurakata, la voie empruntée par Haru va se modifier un petit peu.

Un petit peu car Wizard of the Battlefield est un manga concentré, du point de vue du temps (on débute le 15 octobre et nous sommes au début du mois de novembre à la fin du tome 3) comme de l’action, avec des assauts s’enchaînent près de la ville de Ryûjun et du mont Ryokuyô où l’empire Bandchou jette ses forces dans ce qui devrait bientôt ressembler à la bataille qui décidera de l’issue du conflit.

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Les meilleures ennemies

S’il est toujours injuste de se concentrer sur quelques personnages d’une œuvre, surtout que le manga introduit progressivement de nouvelles têtes (notamment dans le tome 3), on ne peut que noter l’opposition principale entre Haru et le lieutenant Elsa Schneider de l’armée de la République de Lordland. Une opposition qui se décline sur plusieurs plans : les deux veulent s’éliminer ; l’une manie le fusil, l’autre l’épée ; l’une est sans-grade, l’autre lieutenant ; on ne connaît pas les origines de Haru alors que l’on apprend que Elsa fait partie de l’ancienne royauté, balayée par l’avènement de la République de Lordland – mais on peut penser que, à l’instar de Haru, elle a perdu des êtres chers…

L’opposition entre les deux personnages féminins renvoie à celle entre Bandchou et Lordland. Le conflit dure depuis plus de six mois, on ne sait pas officiellement ce qui l’a déclenché mais l’épreuve de la guerre montre que les deux bords sont prêts à tout pour l’emporter, chacun ayant différents atouts dans son jeu. Pour l’heure Lordland semble avoir un coup d’avance, mais il reste un tome pour savoir si ce coup suffira.

Un point à noter : ce n’est pas parce que la guerre est omniprésente que le manga n’offre aucune respiration. Haru, Kaoru, Tetsunoshin  instillent une dose d’humour de temps à autre, n’hésitent pas à chambouler ce que l’on pourrait attendre tant telle ou telle scène avec des échanges qui fusent. Á ce sujet on remarque un changement de traducteur : le tome 1 a été traduit par Tonton Yaya quand les tomes suivants l’ont été par Sébastien Ludmann, changement qui n’affecte pas la lecture des volumes.

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Life in magic, it’s fantastic?!

Avec son graphisme passablement accrocheur et une intrigue sans véritable temps mort Daisuke Hiyama nous propose, avec  Wizard of the Battlefield, un manga qui va droit au but ! Ajoutant peu à peu différents éléments à l’histoire, la série avance efficacement et se concentre sur un conflit qui révèle peu à peu toute sa noirceur au fur et à mesure que les morts s’empilent. Haru arrivera-t-elle à venger ses morts ? L’issue du conflit sera-t-elle douce amère ? Réponse dans le dernier tome !

P.S. : les illustrations présentes ici demeurent la propriété de Daisuke Hiyama, Ichijinsha et des éditions Doki Doki.

Publié par

Anvil

Lecteur de manga, manhua, manhwa... visionneur d'animés, films... et de plein d'autres "trucs" car ma curiosité n'a (presque) pas de limites. Je suis touche-à-tout sans être bon à rien. Les avis présents ici n'ont, par conséquent, aucune prétention si ce n'est celle d'offrir un point de vue sur une œuvre qui m'a interpellé. Vous pouvez me retrouver sur Twitter : @Anvil_G ; sur Sens Critique : Anvil et ailleurs... See you Space Cowboy!

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