No Guns Life, vol. 2 – Trust the Process’!

« Le revolver n’est qu’un objet […] suivant
qui presse la détente il peut autant devenir
l’outil du diable que celui de l’ange salvateur… »
(Jûzô Inui)

Le premier tome de No Guns Life nous offrait une mise en place efficace de son univers et de son personnage principal tout en semant quelques graines appelées à germer rapidement. Le second volume reprend ce procédé tout en dévoilant quelques pans supplémentaires de l’univers et en accordant au thème du passé un rôle de premier plan. Préparez votre cerveau auxiliaire pour ce qui va suivre !

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Comment tirer profit d’un tir dans le ciel ?

L’utilisation du canon de Jûzô afin d’éliminer Ende à la fin du tome un n’allait pas rester sans conséquence. Le tir dans le ciel lui vaut l’intervention de l’EMS, un bureau de l’Agence pour la Reconstruction en charge des affaires liées aux extends. C’est de ce bureau que Jûzô tient sa licence pour travailler… et éviter de finir en pièces détachées. Aussi l’intervention de l’EMS et de sa chef, Olivia, qui viennent arrêter Jûzô, Mary, Tetsurô… n’est pas une très bonne nouvelle. Jûzô le Processeur devra rendre service à Olivia pour que tout rentre dans l’ordre.

La mission qui lui sera confiée ne sera pas une promenade de santé, d’autant plus qu’il n’est pas seul sur l’affaire : le commandant Krohnen de l’EMS n’est jamais loin. Adepte des aiguilles, roulant dans une voiture datant de l’avant-guerre (ce qui lui donne un tout petit côté Kyōma Mabuchi – Dimension W) il n’apprécie pas particulièrement Jûzô. Le déroulement des événements les poussera à une certaine coopération, quelques aiguilles finissant quand même dans le corps de Jûzô (tirs amis…).

Pour autant, le fait que tout le petit monde autour de Jûzô se fasse embarquer leur permet aussi d’échapper (pour un temps ?) à la traque de Berühren. De là à supposer que Jûzô aurait pleinement anticipé les conséquences de son tir…

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EMS et Berühren : les liaisons dangereuses

Le tome précédent nous avait montré la compagnie Berühren comme régnant sur la ville. Elle est pourtant absente de ce volume, qui est consacré à l’EMS. Pour autant, absence ne veut pas dire présence nulle. En effet, si officiellement l’Agence pour la Reconstruction et Berühren ne sont pas dans les meilleurs termes, officieusement, une collusion existe. Berühren dispose d’un monopole pour fabriquer le matériel nécessaire pour brider les Extends arrêtés par l’Agence. Où l’on voit que les brevets n’ont pas que des effets positifs…

Par conséquent pour que  Berühren apporte son aide, l’Agence doit faire quelques gestes conciliants de temps en temps. Des gestes qui ne plaisent nullement à Olivia qui souhaiterait changer la donne. Mais sur cette route et face à des supérieurs (masculins) pas tout à fait d’accord avec ces décisions, elle va connaître quelques ennuis professionnels.

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Se souvenir pour avancer ?

Si le développement du personnage de Jûzô n’est pas laissé en stand-by le volume se concentre surtout, à mes yeux, sur un thème clé : le passé. Le monde de Jûzô essaye d’oublier la guerre, à l’instar de celui de Levius. Passer à autre chose constitue une démarche qui demande du temps, qui a besoin de ses symboles, de ses héros et de ses vilains.

Mais la répartition des rôles est-elle si évidente ? N’y a-t-il que du blanc et du noir ? Á ce stade il est permis d’en douter. D’abord parce que le passé de la guerre et de Jûzô sont encore des plus mystérieux. De plus, l’adversaire que le Processeur et Krohnen affrontent est l’individu dont les « dérapages » sont à l’origine de la création de l’EMS. Un lourd dossier donc sur lequel la lumière n’a pas été faite et sur lequel les supérieurs de Olivia n’ont pas l’air de vouloir s’étendre : ils veulent voir la menace éliminée.

Derrière cet empressement nos soupçons ne peuvent que naître. Cette volonté d’effacer une partie du passé ne peut qu’impliquer quelques sombres dossiers et secrets que la suite devrait, sans doute nous révéler et permettre ainsi aux vérités officielles d’être révisées. On voit ainsi se dresser un contraste entre cette tendance et la volonté de notre individu à tête de revolver de retrouver ses souvenirs, sa vie d’avant sa transformation. Ainsi No Guns Life en général, Jûzô en particulier, nous montrent que le propos de Tocqueville (De la démocratie en Amérique) n’a rien perdu de son importance : « Le passé n’éclairant plus l’avenir, l’esprit marche dans les ténèbres. »

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Jûzô face à un adversaire qui a du piquant

 

Commencer par la fin

Le dernier chapitre du volume est un bonus qui consiste en un one-shot de Tasuku Karasuma, paru avant les débuts officiels de No Guns Life. Le cadre général du manga est présent, même si quelques variations s’observent. Il nous propose de voir Jûzô effectué une mission où il doit s’occuper d’un ancien héros de la guerre. Il sera donc question d’explorer l’autre côté du miroir, de voir ce que le héros a réellement fait et pourquoi (ainsi que le fait que Jûzô peut raisonner froidement). De quoi évoquer nombre d’interrogations vues ci-dessus : le one-shot est bien à sa place ici.

Tasuku Karasuma continue d’organiser ses planches de la même manière (trois rangées de cases par page, la seconde étant souvent constituée d’une case occupant toute la largueur), de privilégier les cases rectangulaires et de n’autoriser que ponctuellement un personnage (Jûzô) à en sortir. Les affrontements proposés, au corps-à-corps, sont bien retranscrits, l’auteur concentrant les mouvements et l’action en peu de cases.

L’édition du volume est similaire à celle du premier et l’acquisition du tome vous donne droit à un clear file (dans la limite des stocks, etc.) ! La traduction est toujours assurée par Miyako Slocombe, autant dire que nous sommes entre de bonnes mains du début à la fin. On lit les propos tout en s’amusant à prendre les intonations des différents personnages et à imaginer celle de Jûzô.

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Jûzô et Krohnen… en train de s’échauffer ?

« Ne crois pas que cela soit fini Monsieur à la tête de revolver… »

No Guns Life continue à développer une intrigue qui se révèle plus que prometteuse. Si les sujets abordés sont loin d’être roses, l’humour n’est pas absent, ce qui évite d’avoir une atmosphère trop pesante. Pour autant ce second tome introduit i) quelques pensées d’un héros qui pourraient être de mauvais augure pour Jûzô et Krohnen et ii) un duo de personnages qui ont tout pour être des doubles version côté Obscur de Jûzô et Tetsurô. En somme, on termine No Guns Life vol. 2 impatient d’en apprendre plus sur cet univers et en se disant que Jûzô aura bien mérité quelques cigarettes pour se remettre d’une telle journée.

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N.B. : les images présentes ici le sont uniquement afin de présenter l’œuvre. Elles demeurent la propriété de Tasuku Karasuma, Shûeisha et  des éditions Kana et peuvent être retirées à leur demande.

Publié par

Anvil

Lecteur de manga, manhua, manhwa... visionneur d'animés, films... et de plein d'autres "trucs" car ma curiosité n'a (presque) pas de limites. Je suis touche-à-tout sans être bon à rien. Les avis présents ici n'ont, par conséquent, aucune prétention si ce n'est celle d'offrir un point de vue sur une œuvre qui m'a interpellé. Vous pouvez me retrouver sur Twitter : @Anvil_G ; sur Sens Critique : Anvil et ailleurs... See you Space Cowboy!

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