Deathco, vol.4 – Who’s the Boss?

« Telle qu’un moissonneur, dont l’aveugle faucille
Abat le frais bleuet, comme le dur chardon,
Telle qu’un plomb cruel qui, dans sa course, brille,
Siffle, et, fendant les airs, vous frappe sans pardon […] »
Paul Verlaine, « La mort »

Deathko est de retour pour de nouvelles aventures sombres et sanglantes ! Pour autant, la jeune tueuse à gages n’est pas la star de ce tome car le passé de Madame M. se dévoile enfin ! Si vous voulez comprendre un peu mieux pourquoi Lee est en adoration devant elle, lisez ce quatrième volume de Deathco de Atsushi Kaneko !

deathco-volume-4-sakka
N’y pensez pas : Deathko ne vous abritera pas sous son parapluie

D’une moisson à l’autre

Le monde courrait un grave danger à la fin du tome 3. Une arme chimique carrément nocive pour les êtres humains (mais pas pour la faune et la flore) allait être lâchée dans notre atmosphère. Le résultat d’une mauvaise rencontre entre un dirigeant d’entreprise (capitaliste ?), Kabayama, convaincu de détenir la nouvelle arme de destruction massive – et désireux de l’utiliser pour imposer un nouvel ordre au Japon et au-delà (la recherche du pouvoir obéirait donc à des rendements croissants ?) – et Shikata dit le Fossoyeur, savant un peu fou créateur du fluide mortel.

Manque de chance pour ce duo : Deathko et Lee sont sur leurs traces. Inutile d’ajouter plus de mots : la petite faucheuse va de nouveau moissonner comme il faut. Le monde ne lui dira pas forcément merci ; la Guilde peut-être, en lui attribuant une nouvelle cible. Finalement, au fur et à mesure des trophées, on finit par se demander si la Guilde outre qu’elle doit servir ses intérêts en éliminant quelques brebis galeuses ne joue pas aussi le rôle de bras armé secret d’une justice incapable de régler légalement les problèmes qui se posent ou instrumentalisée par certains petits malins pour s’en sortir. La nouvelle proie de Deathko ne viendra pas démentir cette impression.

Le point positif (ou négatif selon le point de vue) c’est que l’attribution d’une nouvelle mission pour notre jeune tueuse à gages survient assez vite au sens où nous ne la voyons pas sombrer dans la déprime. Au contraire, elle s’affaire à fabriquer de nouveaux jouets à partir des armes qu’utilisaient Madame M. lorsqu’elle était encore en activité.

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Deathko et Shikata sont sur un bateau dans un avion… je vous laisse compléter la suite de l’histoire

Madame est servie

Parce que Madame M. est sans doute LE personnage de ce quatrième tome. Alors que nous avons compris un peu mieux lors du précédent volume la nature du lien qui l’unissait à Deathko, ici c’est le passé de Madame qui se dévoile. Ou comment donner plus d’épaisseur aux propos de Lee concernant ce que sa maîtresse pouvait accomplir.

On n’entrera pas ici dans une comparaison (inutile) avec Deathko pour savoir laquelle des deux est la meilleure pas plus qu’il ne sera question de ce que les événements passés nous apprennent. On se contentera d’une phrase : Madame M., elle avait la classe (et une répartie aussi affûtée que ses talents d’assassine). Son retrait laisse donc un grand vide et c’est peut-être pour cela aussi que l’univers des reapers n’est plus ce qu’il était à croire certains vieux de la vieille j’vous dis

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Elle est tellement belle qu’on dirait qu’elle n’est pas humaine…

Proies et prédateurs chez les reapers

Autre thème qui refait surface, celui concernant la condition des reapers. Outre le fait que leurs motivations ne sont pas les mêmes (certains font cela pour gagner l’argent nécessaire à leur survie – à quand la mise en place d’un revenu universel ?), on a aussi pu s’apercevoir qu’ils n’étaient pas toujours bienveillants entre eux. Trop de prédateurs nuit à la prédation.

La régulation de la démographie des reapers peut alors prendre des formes un peu brutales : la Guilde en envoie plusieurs pour un même trophée. Que le/la meilleur.e gagne et si possible élimine quelques-uns de ses camarades. Cette manière de réguler la quantité d’assassins se voit complétée ici avec l’introduction d’un reaper, Deevil, qui élimine tous les assassins qui se mettent en travers de sa route. Il n’est pas nouveau dans le milieu mais son apparition dans l’histoire n’est pas fortuite comme vous pouvez vous en douter. Sa rencontre avec Deathko n’en sera que meilleure pour la suite de la série à en juger par le teaser écrit de fin de volume !

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Après les joujoux de Deathko, le joujou de Deevil ou le mélange des genres réussi !

Pour quelques trophées de plus…

Toujours aussi plaisant à manipuler, ce nouveau tome de Deathco bénéficie, comme les précédents, de la traduction de Aurélien Estager. Autant dire que le propos est fluide (ce n’est pas un jeu de mots), les différents registres de langues des personnages sont amusants à parcourir tout comme les moments où certains, pris de peur, en perdent leur latin et ne savent plus quoi dire. Ou comment l’ambiance du manga transite aussi par la langue.

En somme la série de Atsushi Kaneko a pris son rythme de croisière et nous propose une virée encore un peu plus furieuse et sanglante dans un univers qui n’a besoin que de quelques étincelles pour s’embraser. Prêt à craquer l’allumette avec le tome 5 ?

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Une nouvelle facette de Deathko s’offre à nous…

copyright-deathco

P.S. : comme pour Area 51, tome 10, les images présentes ci-dessus ont été obtenues auprès des éditions Casterman et de la collection Sakka. Merci à eux et, tout particulièrement, à Me Carla Andurand pour sa grande efficacité et son amabilité en réponse à mes demandes.

Publié par

Anvil

Lecteur de manga, manhua, manhwa... visionneur d'animés, films... et de plein d'autres "trucs" car ma curiosité n'a (presque) pas de limites. Je suis touche-à-tout sans être bon à rien. Les avis présents ici n'ont, par conséquent, aucune prétention si ce n'est celle d'offrir un point de vue sur une œuvre qui m'a interpellé. Vous pouvez me retrouver sur Twitter : @Anvil_G ; sur Sens Critique : Anvil et ailleurs... See you Space Cowboy!

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