Old Man Logan – No Country for Old Men

« Le passé ne fait mal que si
on le laisse nous rattraper. »
Logan

La sortie du film Logan mercredi prochain fournit un bon prétexte pour parler d’un comics qui inspire un peu (?) le nouvel opus des aventures de Hugh Jackman dans l’univers des mutants : Old Man Logan, paru en 2011 chez Panini Comics. Embarquez dans le Spider-Buggy pour une virée dans des États-Unis post-apocalyptique, où les super-vilains ont pris le pouvoir, les mutants devenant un vestige du passé.

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Reconversion

Un des points forts des comics c’est leur capacité à exploiter un univers, réagencer des personnages. Un peu comme en cuisine où le fait d’utiliser des ingrédients connus permet d’aboutir à un plat innovant. Old Man Logan est-il un bon plat ? Oui. Un comics qui ne fait pas dans la dentelle où chacun est dans son rôle et à sa place (du moins pour les messieurs, les dames ne sont pas trop mises en avant) et on voit même des dinosaures !

Mark Millar (scénario) et Steve McNiven (dessin) partent d’une idée simple : et si les super-vilains s’étaient associés pour battre les héros ? Supposons qu’ils aient gagné la guerre. Un Grand Partage s’ensuit, où les super-vilains les plus importants s’octroient des parts du territoire états-unien. Crâne Rouge est le nouveau président dans une Maison Blanche quelque peu réaménagée. Les sondages ne l’avaient pas vu venir.

50 ans après la victoire des super-vilains Logan est toujours là. Il n’a pas sorti ses griffes depuis un demi-siècle, son facteur auto-guérisseur n’est plus au top et son visage porte de nombreuses cicatrices. Il vit à Sacramento où il est fermier, avec femme et (deux) enfants. Les fins de mois sont difficiles car il faut payer le loyer aux Hulk, rejetons irradiés et dégénérés de Bruce Banner – le côté La colline a des yeux. Quand il ne peut pas payer, Logan se fait rouer de coups mais ne les rend pas. Tendre la joue gauche quand on lui frappe la droite. C’est alors que Hawkeye (aveugle ou presque) frappe à sa porte et lui propose de l’argent en échange d’un voyage à travers les États-Unis pour effectuer une livraison.

Steel Ball Run

Ce départ de Logan et cette virée à bord du Spider-Buggy est l’occasion d’un double voyage. Nous voyons un nouveau monde s’ouvrir à nos yeux, avec son lot de désolation, d’immeubles qui s’enfoncent dans le sol (la Nature semble mécontente), de villes administrées d’une main de fer, de personnes souhaitant la résurrection des héros… Une diversité quelque peu désolante à laquelle s’ajoute quelques menues déconvenues (dur d’être père, demandez à Hawkeye…).

Surtout, ce voyage est l’occasion pour Logan de parler, d’expliquer ce qui lui est arrivé, pourquoi il a disparu de la circulation il y a 50 ans. L’histoire n’est pas joyeuse et contient quelques planches fortes. Logan mène aussi une quête interne au fil de ce voyage, une introspection qui se développe peu à peu en réaction à ce qu’il voit.  Entre les horreurs du monde actuel et celles de son passé il est en bonne compagnie…

Enfin, Logan et Hawkeye représente deux personnages opposés et proches : proches car ils ont tous les deux vieilli, n’ont plus les mêmes facultés qu’avant ; opposés parce que Hawkeye veut encore en découdre avec les super-vilains, n’a pas dit son dernier mot. Deux êtes qui ne trouvent pas vraiment leur place dans ce monde en somme. Deux volontés qui ne s’affrontent pas ouvertement mais qui structurent le récit.

I’m a poor lonesome cowboy…

Logan rentrera chez lui en Californie avec l’argent nécessaire pour payer le loyer. Fin de l’histoire ? Pas vraiment. Comme le dit Mark Millar, Logan ressemble au William Munny de Unforgiven. Sans trop en dire, Wolverine reviendra, Logan ne sera pas parvenu à tuer cette part de lui-même. Un retour fracassant et sanglant : la renaissance de Wolverine est là, mais à quel prix… Les héros, du moins certains d’entre eux, semblent immortels.

 

Publié par

Anvil

Lecteur de manga, manhua, manhwa... visionneur d'animés, films... et de plein d'autres "trucs" car ma curiosité n'a (presque) pas de limites. Je suis touche-à-tout sans être bon à rien. Les avis présents ici n'ont, par conséquent, aucune prétention si ce n'est celle d'offrir un point de vue sur une œuvre qui m'a interpellé. Vous pouvez me retrouver sur Twitter : @Anvil_G ; sur Sens Critique : Anvil et ailleurs... See you Space Cowboy!

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