La domination masculine chez Hiroaki Samura

« Mais comment compter sur des femmes pour se
conduire avec bon sens ou agir avec éclat, confinées
que nous sommes dans nos maquillages, dans nos
robes jaunes safran, dans nos soins de beauté, dans
nos tuniquettes et nos petites chaussures ? »
Cléonice in Aristophane, Lysistrata, v.42-45

[Update juin 2017 : cet article a remporté les prix du meilleur article et de la meilleure idées lors des Sama Awards 2017 ! Un grand merci à tous !]

Pour souffler la première bougie du blog il va être question d’un sujet qui me trotte dans la tête depuis la traduction d’un entretien de Hiroaki Samura – et qui déborde largement le monde du manga : la question des rapports entre les hommes et les femmes et, par ce biais, interroger les rôles joués par ces dernières. Le point de départ est celui de la domination masculine : nous essayerons de voir si les rapports sociaux entre les sexes sont marqués par  la permanence de la domination des hommes sur les femmes.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, quelques remarques préalables :

  • L’analyse proposée repose sur certaines séries de Hiroaki Samura : l’Habitant de l’Infini, Beagureta/Die Wergelder, Born to be on air!, Snegurochka, Bradherley no Basha, Emerald et Halcyon Lunch.
  • Il s’agit d’une reconstruction (rationnelle ?), en aucun cas les lignes qui suivent ne prétendent donner la position de l’auteur sur le sujet. En somme je reste seul responsable des erreurs d’interprétation, etc.
  • Enfin il sera avant tout question des manifestations de la domination, peu de place sera accordée à ce qui produit cette domination, notamment parce que ce n’est pas abordé explicitement dans les mangas. Il ne sera pas plus question de la domination homme/homme pour ne pas rallonger une analyse déjà longue.
Illus Samura Emerald
Parce que Hiroaki Samura sait aussi faire de superbes illustrations !

La domination s’écrit au masculin

Cette première partie souhaite monter que dans les œuvres de Hiroaki Samura on rencontre une domination masculine qui s’exerce à plusieurs niveaux.

Ils décident, elles exécutent

On peut repérer tout d’abord une domination hiérarchique. Dans les séries de Hiroaki Samura les positions valorisées, qui concentrent le pouvoir et l’autorité sont le plus souvent occupées par des hommes : les chefs sont des hommes à l’époque d’Edo (Kagehisa Anotsu, Habaki Kagimura, Hanabusa…) ; à notre époque les patrons où les personnes occupant des positions hiérarchiques sont des hommes qu’ils gèrent un restaurant de pain et de curry, travaillent dans une station radio, dans une entreprise multinationale ou dans la mafia. On peut même noter que si une femme dirige un groupe (Hyakurin pour le Mugaïryû), cette direction est en partie factice car c’est un homme (Habaki Kagimura) qui donne les ordres que le groupe doit suivre sous peine de se faire éliminer.

On retrouve ici l’idée de domaines séparés (cf. François Dubet, 2010, Les places et les chances) : certaines positions voient une surreprésentation des hommes et ce sont bien souvent des domaines associés à l’exercice du pouvoir. Bien sûr cela n’interdit pas que des hommes et des femmes doivent exécuter les directives, qu’il y ait des coopérations entre hommes et femmes. Il n’y a pas d’apartheid mais la division sexuée du travail semble s’exercer au détriment des personnages féminins, sous-représentés dans les « hautes sphères ».

born-to-be-on-air-header

« […] quand les types de 130 kilos disent certaines choses, ceux de 60 kilos les écoutent »

Outre la confrontation à une hiérarchie souvent masculine les femmes chez Hiroaki Samura doivent aussi se frotter (et parfois se piquer) à une domination physique. En règle générale, les personnages masculins dessinés par le mangaka sont plus grands que les femmes et plus imposants physiquement. Par contraste, on observe que les héroïnes de Hiroaki Samura sont parfois diminuées physiquement (Makie dans l’Habitant de l’Infini, Belka dans Snegurochka), sont aussi plus jeunes (les jeunes filles de Bradherley no Basha ou du Festin de Brigitte, Lin dans l’Habitant de l’Infini…) ce qui ne contribue pas à leur donner un physique moins frêle. Et si jamais l’auteur dessine une femme qui regarde un homme de haut c’est pour mieux retourner la situation à son détriment (voir la fin du chapitre 2 de Born to be on air!).

En plus d’occuper davantage d’espace les hommes sont aussi dominants numériquement. Cette configuration participe au fait qu’au fil des œuvres une constante se dessine : les femmes souffrent. Elles subissent notamment une violence masculine (et parfois aussi féminine) qui se déploie dans les paroles et les coups reçus ainsi que par des scènes de torture, de viols (voir l’Habitant de l’Infini et ce qui arrive à Hyakurin, ce que fait Shira ; dans Snegurochka le « loyer » que doit acquitter Belka ; les scènes de viols en réunion dans Bradherley no Basha ou encore ce qui se passe dans Love of the Brute). Notons ici que derrière ces situations se trouve une inclinaison de l’auteur qui ne souhaite pas épargner ses personnages féminins. Elles ne bénéficient d’aucun traitement de faveur : «  Je dessine des femmes qui souffrent principalement pour l’aspect érotique qui s’en dégage. […] Je trouve qu’elles sont bien plus attirantes fatiguées et stressées plutôt qu’heureuses. »

Un agneau de plus sacrifié dans Bardherley no Basha

Hétéronomie féminine

Enfin, en lien avec ce qui précède, on observe une certaine domination au plan moral ce qui limite la possibilité pour les femmes d’être les auteures des lois auxquelles elles se soumettent. Un personnage comme Lin va apprendre des hommes (et aussi des femmes, dans une moindre mesure) au fil de son parcours où l’on verra que sa conclusion (cf. fin du tome 30) rejoint le propos de Kagehisa Anotsu tenu à Hyakurin au tome 16.

On voit aussi ce qui arrive aux femmes qui s’écartent de la voie choisie pour elles, qui ne restent pas à la place qu’on voudrait bien leur attribuer (les représentations et autres stéréotypes ont la vie dure). Le personnage de Makie est emblématique de cette situation. Son don pour les armes impliquera la chute de sa famille ; elle vivra de ses charmes, tentera de se faire du mal et, par deux fois, ce sera un homme (Kagehisa Anotsu) qui la sortira de sa condition, non sans une certaine violence (voir la fin du tome 2 de l’Habitant de l’Infini) et douleur, parce qu’il a besoin de sa force.

Makie et Kagehisa, besoin que je vous refasse leur histoire ?

Il serait alors tentant de conclure que la domination masculine en plus d’être bien mise en évidence chez Hiroaki Samura a de beaux jours devant elle. Mais comme dirait Jean-Jacques Rousseau, « Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître, s’il ne transforme sa force en droit et l’obéissance en devoir » (Du Contrat Social). Si en plus les hommes ne sont pas les plus forts, la belle mécanique risque de dysfonctionner…

Subversion dans la domination

Ce qui vient d’être évoqué représente une certaine réalité dans les œuvres de Hiroaki Samura. Pour autant cela n’épuise pas la question de la domination masculine car plusieurs nuances apparaissent.

Il faut sauver le damoiseau en détresse

Les mangas de Hiroaki Samura infligent plusieurs coups au schéma de la princesse enfermée dans son donjon qui attend son prince ou de la jeune femme en détresse. Parce que si les hommes peuvent secourir ces dames, l’inverse est tout aussi vrai. Elles peuvent les sauver de plusieurs manières, plus ou moins sanglantes et tristes.

Par exemple elles peuvent user de leurs talents de guerrière ou de gloutonne (Triazole dans Halcyon Lunch), apparaître de manière quasi divine pour sauver une personne (cf. le Serment). Même si elles n’ont pas un grand talent pour se battre elles interviennent quand même (n’est-ce pas Magatsu ?). Elles peuvent s’infliger des blessures pour protéger l’individu qui leur est cher, se sacrifier pour leur laisser la voie libre, ne pas être un poids qui atténuerait leur détermination. Le bluff est aussi dans leurs cordes (voir Shinobu dans Beagureta).

Shinobu en grande tenue
C’est encore Madame Shinobu qui doit sortir le chien…

Des hommes qui ne sont pas à la hauteur de leur rang ?

Par rapport à une vision faisant des hommes des monstres de virilité et de masculinité, les hommes chez Samura peuvent aussi verser dans le domaine (trop souvent associé au féminin ?) du care, faire preuve d’attention pour les personnages féminins sans que n’entre en ligne de compte des calculs intéressés. On peut penser ici à Born to be on air! et au collègue de Minare, Chûya qui invite une femme en difficulté chez lui ou encore au personnage de Shchenok dans Snegurochka qui prend soin de Belka dans une relation de co-dépendance.

Comme l’évoque Pierre Bourdieu dans La domination masculine, être dominant implique de supporter certains coûts liés à l’exercice de cette domination. Être dominant n’est pas toujours agréable ni un exercice où l’on réussit toujours. Les personnages masculins sont riches de ces accidents de parcours entre un chef d’entreprise qui a planté sa boîte et se retrouve sans le sou (Gen dans Halcyon Lunch), un autre qui finira par porter un regard plein de regrets sur ce qu’il a fait (Kagehisa Anotsu) ou sur sa vie alors qu’il en revit une version modifiée (voir l’histoire courte Shizuru Kinema). Les hommes peuvent aussi être lâches quand ils ne lancent pas une phrase qui claque pour être incapable d’assumer derrière (voir Shinji et Triazole dans Halcyon Lunch vol.1).

Minare au micro !

Des femmes mises en valeur par des choix graphiques et narratifs

Si l’auteur ne ménage pas ses personnages féminins, il « aspire à ce qu’elles soient des symboles de beauté esthétique » mais pas seulement. Si les personnages féminins véhiculent une certaine beauté, un certain érotisme, l’auteur n’en fait pas des femmes trophées et autres pin-ups de calendrier Pirelli. Á cela s’ajoute leur importance dans l’intrigue (elles sont des éléments clés), dans leurs paroles (la palette de leurs propos est varié, qui vont de la menace à l’humour en passant par l’amour, la haine… il y en a de toutes les couleurs), leurs pensées en plus du travail graphique et la composition des planches.

Makie et
Un exemple typique du genre de scène où celle qui domine semble a priori en position de faiblesse

Ainsi celui qui est en haut n’est pas forcément celui qui domine ; le plus grand n’est pas toujours en position de force ; celle qui tourne n’est pas celle qui est en mauvaise posture. Surtout que les coups reçus ne rendent nullement les hommes sympathiques (cf. la pinky violence et le semblant d’analyse esquissé par ici). Des mangas comme Beagureta, Bradherley no Basha ou Born to be on air! sont construits pour que l’on s’identifie aux personnages féminins si bien que la construction du récit et le point de vue privilégié font que les scènes de sexe ne sont pas là pour nous titiller (le lecteur est dans la peau des femmes pas des hommes qui violent par exemple).

Regardez cette scène : la « vue plongeante » sur Nami coexiste avec un échange de coups de feu plutôt violent pour le monsieur avec, en plus la détonation de l’arme de Nami qui a lieu au niveau de ses parties génitales…

Le grand renversement

La dernière partie de ce bref parcours va renverser les logiques évoquées jusqu’ici. Les dominants peuvent devenir des proies ; leur domination apparaît dès lors bien incertaine.

Sois belle et bats-toi !

Si physiquement les femmes sont moins imposantes que les hommes, elles n’en demeurent pas moins tout à fait capables d’éliminer physiquement une ou plusieurs personnes. Il n’y a pas seulement une violence sur les femmes mais aussi une violence des femmes chez Hiroaki Samura, qui s’exerce contre des hommes mais aussi, parfois, contre d’autres femmes. Mentionnons, en passant, le fait que le personnage le plus fort de l’Habitant de l’Infini n’est autre que Makie ; que Nami et Jie Mao (Beagureta) ont éliminé plusieurs hommes quand Soli Kil, une jeune fille, aime bien torturer. La violence peut aussi être canalisée, acceptée, désirée au sein d’une relation SM où c’est la femme qui dirige (voir l’histoire courte Le Grand Show de la famille Kuzein dans Emerald).

Remarquons aussi que la technologie peut prêter main forte aux femmes, que ce soit pour compenser un handicap, renforcer leurs capacités offensives comme défensives. De la lance à trois branches de Makie en passant par une prothèse, des chaussons et des nunchakus améliorés dans Beagureta, elles savent parfaitement exploiter la technologie disponible pour être encore plus redoutables.

Nami
Nami soigne aussi les aigreurs d’estomac !

Enfin le combat des femmes peut aussi prendre un aspect plus « banal ». Il s’agit alors pour elle de livrer un combat quotidien, ordinaire, pour trouver sa place dans la société, un emploi, de quoi vivre. Où l’on voit que le manga rejoint la réalité.

Des femmes pleines de ressources

Si on pointe une moindre réussite des filles en sciences l’intelligence s’écrit aussi au féminin. Les personnages féminins peuvent verser dans le calcul afin de battre leur adversaire, mener à bien leur plan. Un cas emblématique se trouve dans Emerald, one-shot se déroulant dans un univers de western, où un des personnages principaux (une femme, Black Rose) tient un propos illustrant à merveille ce qui s’est passé dans l’histoire. Black Rose dit en effet : « Quoi qu’il arrive ne perds jamais espoir et sers-toi de ta cervelle. Ensuite rassemble un tant soit peu de courage pour faire face à la situation. Ce sont des armes bien plus puissantes que des pistolets. » Un propos et une pratique que ne renierait pas Cesare Borgia pour ramener le calme en Romagne.

On peut aussi remarquer que les femmes chez Hiroaki Samura n’hésite pas à user de leur « capital érotique » (Catherine Hakim) – quand bien même la notion reste bien incertaine (cf. Érik Neveu) – pour renverser les rôles, se venger, essayer d’obtenir des informations… Un exemple emblématique (et marquant) se trouve au tout début de Beagureta où une (fausse) prostituée subit les assauts d’un homme (et divers sex toys – la technologie va dans les deux sens…) dans un rapport sexuel brutal à souhait avant de complètement renverser le rapport de forces en quelques phrases et cases.

Comme dirait le chanteur : « Il ne rentre pas ce soir… »

Enfin un élément à évoquer concerne ces passages où les frontières entre masculin et féminin se brouillent. Les hommes peuvent se déguiser en femmes pour évoluer plus librement ou leurrer des poursuivants (Snegurochka, l’Habitant de l’Infini) quand une femme peut aussi se déguiser en homme pour pouvoir mieux pénétrer dans un lieu… et faire quelques dégâts (Beagureta).

Vers l’autonomie féminine ?

Porter un regard attentif aux séries de Hiroaki Samura permet donc d’extraire les femmes du binôme domination/oppression où elles apparaissent passives, consentant parfois tacitement à leur domination. Or, elles sont des actrices volontaires de leur destin (sans pour autant négliger le poids des « structures ») et à ce titre s’éloignent des stéréotypes censés les définir. Elles ne sont pas des êtres systématiquement doux, au petit soin pour les hommes, faisant la cuisine, assurant les tâches domestiques. Quand de tels cas se présentent c’est souvent pour que l’auteur retourne la situation (voir notamment Born to be on air!, vol. 2). On remarque aussi que « l’impératif de procréation » reste quelque chose d’éminemment secondaire chez les héroïnes de Samura quand la grossesse n’est pas le fruit d’un viol…

Chez Hiroaki Samura les femmes boivent (parfois un peu trop), parlent, agissent, prennent des risques, rêvent aussi, parfois. Elles occupent de la place et demandent à être reconnues comme des êtres entiers : s’il y a toujours une dimension relationnelle entre hommes et femmes ces dernières peuvent aussi se définir par et pour elles-mêmes. Avec leur volonté à toute épreuve elles ne sont pas sans incarner un certain modèle, avec une indépendance parfois revendiquée haut et fort ce qui n’empêche pas l’existence d’une certaine ambiguïté comme le révèlent les personnages de Minare, de Makie et ce propos de l’auteur :

« C’est le genre d’héroïnes [NdA : Hiroaki Samura parle d’un personnage de Shotaiken Hakusho] qui me vient naturellement à l’esprit : celles qui restent fortes et qui continuent à avancer sans se plaindre de leur sort, malgré les épreuves qu’elles ont à endurer. Qui semblent indépendantes mais étouffent une intense dépendance. Il y a quelque chose dans cela qui me plaît (rires). »

969838e1ffef71f993c1457032f77d4d

The End of Men?

Hiroaki Samura est-il un auteur féministe ? Au terme de cette analyse on ne prétend pas avoir tranché mais suggérer qu’avec ses personnages et ses intrigues, le mangaka montre que les femmes sont des êtres humains à part entière et à ce titre en assument toutes les facettes. Elles ne sont pas « vierges » de toute activité impliquant un désir de violence, elles expriment elles aussi ce qu’elles ont de violent en elles. Parce que cette dernière et les conflits sont parties prenantes de la vie, les héroïnes de Hiroaki Samura mènent des combats quotidiens plus ou moins métaphoriques et euphémisés.

Ainsi la domination masculine n’est jamais une affaire gagnée une fois pour toutes. Elle ne peut perdurer que si un travail constant de reproduction et d’entretien est conduit. Les univers des mangas de Hiroaki Samura ne sont pas des univers mécaniques, il y a une complexité, plusieurs variables qui interviennent, ne jouent pas en même temps, avec la même importance ce qui donne un réalisme aux intrigues proposées (quand bien même il y a aussi quelques exagérations). Y a-t-il alors de la place pour l’amour ? Plutôt que de se risquer sur une réponse lapidaire, la question sera abordée une prochaine fois.

Dernier apport de cette analyse : les mangas de Hiroaki Samura aborde la question du corps pour rappeler que si la séduction, le charisme, le sex-appeal sont importants, ils ont un ancrage dans les corps et les manières dont on en joue : nous n’avons pas seulement un corps, nous sommes un corps. La question de la beauté est aussi importante : comme le dit l’auteur, « Je ne me résoudrai jamais à ce qu’elles soient dépossédées de leur beauté et de leur volonté. » Ici deux remarques s’imposent : la première vise à rappeler qu’il n’existe pas un seul type de beauté, plusieurs types peuvent coexister, celui de Hiroaki Samura se situant du côté du respect des proportions, d’un équilibre (pas d’exagération physique du côté de la poitrine) ; la seconde c’est qu’une personne peut être perçue comme belle, mais sur le mode d’un jugement esthétique (il y a des beautés intimidantes, glaciales, marmoréennes) davantage que sur celui du déclenchement d’une attraction. Il va sans dire que les personnages de Hiroaki Samura mêlent les deux niveaux de beauté.

Illustration en couleurs
Une illustration en couleurs pour finir !

On notera enfin que dans les séries analysées il n’y a pas de femmes de couleurs qui interviennent et, pour le moment, les héroïnes priment sur des collectifs féminins. Il reste à voir la direction prise par Beagureta et Born to be on air! ainsi que la nouvelle série de l’auteur à venir, Kisekami Mura no Tsugomori

« Je ne peux pas traiter les femmes comme un simple élément du paysage. »
(Hiroaki Samura)

P.S. : les images présentes ici n’ont qu’une fonction illustrative, elles demeurent la propriété de Hiroaki Samura, de Kodansha Comics, Kôdansha, Ohta Shuppan, des éditions Casterman, Pika.

Publié par

Anvil

Lecteur de manga, manhua, manhwa... visionneur d'animés, films... et de plein d'autres "trucs" car ma curiosité n'a (presque) pas de limites. Je suis touche-à-tout sans être bon à rien. Les avis présents ici n'ont, par conséquent, aucune prétention si ce n'est celle d'offrir un point de vue sur une œuvre qui m'a interpellé. Vous pouvez me retrouver sur Twitter : @Anvil_G ; sur Sens Critique : Anvil et ailleurs... See you Space Cowboy!

2 réflexions au sujet de « La domination masculine chez Hiroaki Samura »

  1. Eh bien, quel beau parcours dialectique, bravo !!
    Jamais lu d’oeuvre d’Hiroaki Samura mais ça me donne bien envie, surtout l’Habitant de l’infini.
    Ce qui m’apparaît à travers cette analyse, c’est qu’il présente un portrait tout simplement réaliste de la condition des femmes. Représenter la domination masculine mais aussi le combat permanent des femmes pour s’en sortir et être libre. Toujours un rapport de force qui fait la complexité de la relation entre les deux sexes.
    Mais je ne suis pas aussi optimiste que toi dans la conclusion. Pour exister une femme devra toujours lutter contre ce qui veut la limiter dans une société essentiellement dominée par les hommes (qui certes ont aussi leur rôle à tenir, et toute la « pression » qui va avec). Et ça se retrouve dans les représentations, les pratiques, les structures traditionnelles, le langage, les valeurs (par exemple le fait de valoriser la science) etc etc. Franchement, la « journée de la femme », ça me fait bien rire, ce n’est bon que pour se donner bonne conscience. Bref, je me rends compte que je digresse ; ça n’a plus rien à voir avec Hiroaki Samura.

    J'aime

    1. Alors tous les messages qui vont suivre commenceront de la même manière : « As-tu commencé l’Habitant de l’Infini ? » car il y a des choses dans la vie qu’on ne peut pas reporter : la lecture de cette série en fait partie ! 🙂 (Je ne sais pas si je suis objectif en disant cela…)

      Mon côté hégélien refoulé a refait parler de lui, merci pour tes mots !

      Il est bon de digresser ! Et puis il n’y a pas de cadre imposé, alors si on veut digresser on peut ! Oui il y a toujours une certaine instabilité, rien n’est acquis et je trouve qu’avec cet auteur ce combat permanent ressort bien en plus de casser quelques codes que l’on retrouve parfois dans d’autres séries. Certes ce n’est pas le premier à le faire mais ceci associé à son style graphique, ça en fait pour moi un cocktail explosif (dans le bon sens du terme).

      Par rapport à la conclusion je ne sais pas si je suis optimiste. Ce que j’ai pu lire (et comprendre) sur le sujet m’incite plutôt à une forme de prudence. Comme tout le dit bien les rapports entre les deux sexes sont complexes et s’enracinent dans tellement d’éléments que bien malin celui ou celle qui pourrait prédire avec exactitude ce qui va se passer. Il reste du chemin à faire et certaines initiatives peuvent effectivement prêter à sourire (une journée pour telle cause, à la fin ça finit plus par perdre tout le monde qu’à mettre clairement en valeur les causes que l’on veut défendre)…

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s