Mob Psycho 100, vol.1 – Des esprits et d’autres trucs

« Ne prends pas de décision juste pour faire
plaisir aux autres. Agis pour toi-même. »
Arataka Reigen

Annoncée à l’occasion du changement d’année, l’arrivée de Mob Psycho 100 en France est effective en ce début du mois de juin chez Kurokawa. Seconde série de ONE à nous parvenir, précédée par une adaptation animée, révisez bien vos coups spéciaux pour affronter les esprits avant d’ouvrir le premier volume et d’accompagner Mob et Reigen dans leurs activités surnaturelles quotidiennes : la satisfaction de leurs clients est à ce prix.

Mob Psycho 100 vol.1

Un collégien qui voulait vivre sa vie

Prépublié dans le Ura Sunday depuis 2012 (14 tomes sortis au Japon pour le moment), Mob Psycho 100 narre les aventures de Shigeo Kageyama, surnommé Mob, élève en 4ème, adolescent sans histoire, sans ami, sans réelle passion, pas mal blasé. Amoureux d’une fille qui ne s’intéresse pas à lui, il a tout de la personne que l’on ne remarque pas si ce n’est qu’il possède des pouvoirs psychiques phénoménaux (pas comme certains…). Mais il ne les utilise pas pour épater la galerie. Comme un grand pouvoir implique de grandes responsabilités, Mob est chaperonné par un médium autoproclamé, Arataka Reigen, qui lui apprend à les maîtriser.

Embobineur de première, sans pouvoir, Reigen exploite Mob pour 300 yens de l’heure : le garçon est l’assistant du maître, qui se charge d’éliminer les esprits. Ce dernier est toutefois loin de se réduire au rôle de l’exploiteur. Il est un peu le mentor de Mob, il le guide et le cadre de temps en temps. Un rôle important parce que si Mob donne l’impression d’être un ado’ mou, pas très réactif (ni sportif), il peut rapidement changer selon son état émotionnel. Au fil des pages, on a ponctuellement droit à une jauge nous indiquant l’état émotionnel de Mob. Quand elle arrive à 100% c’est l’explosion… et mieux vaut ne pas être dans les parages !

Mob Psycho 100 nous propose donc un héros qui, à l’instar de Saitama, abrite un pouvoir phénoménal derrière une apparence banale. S’il n’étale pas ses adversaires en un coup de poing, Mob se différencie aussi de Saitama en ce qu’il a encore tous ses cheveux ! Comme dans One-Punch Man la présence d’un héros aussi fort est un pied de nez aux affrontements que l’on voit dans les mangas. Mais l’essentiel se joue ailleurs : dans les situations absurdes (Mob se faisant embarquer par une secte en deux temps trois mouvements), dans l’humour et la présence d’autres personnages.

Mob
Comme un air de Saitama chez Mob

Chaud devant

En effet, le premier volume – qui nous fait naviguer entre le collège de Mob et les clients de Reigen – introduit plusieurs personnages, au-delà du duo Reigen-Mob, qui seront amenés à jouer un rôle dans la suite de l’intrigue. On peut notamment évoquer le frère de Mob, Ritsu, sorte d’antithèse de son frère (sans pouvoir, populaire au collège, bon dans les études) même si les deux s’entendent bien et Teru, un élève de 4ème d’un autre collège lui aussi doté de pouvoirs psychiques et dont l’apparition tient lieu de cliffhanger de fin de volume…. même si ONE casse cela en ajoutant quelques pages où Reigen fait à nouveau montre de tout son art.

Autant dire que le cadre posé par les premiers chapitres est appelé à se développer dans les suivants. D’autant plus que, derrière l’humour et les bons moments passés en lisant le volume, le manga peut aussi faire l’objet de différents niveaux de lecture. D’abord au sujet des codes du shônen que l’auteur revisite allègrement ; ensuite le manga permet d’aborder différentes thématiques : outre les questions liées à l’adolescence (l’acceptation de soi, le rapport aux autres…) et à l’affirmation de soi (ils sont nombreux à vouloir se servir de Mob), on a aussi le droit à des éléments en rapport avec les sentiments, le surnaturel, les sectes, les rivalités scolaires, les émotions, la discrimination tarifaire… ce qui n’est déjà pas si mal pour un premier volume.

reigen
Arataka Reigen pour vous servir !

Le dessin, et après ?

Mob Psycho 100 est à 100% le résultat de ONE aussi le graphisme a quelques particularités. Pour autant faut-il dire que le dessin est moche ? Peut-être ma réponse est-elle conditionnée par le fait que je dessine très mal, mais je trouve que, visuellement, le manga de ONE n’est pas du tout une catastrophe. Certes le rendu est minimaliste pour les personnages, les décors, certaines vues de 3/4 ne sont pas parfaites. Mais le rendu global retranscrit bien l’état d’esprit des personnages et participe à l’ambiance générale de la série : jouant avec les codes du shônen elle se différencie aussi dans son rendu.

De plus, le graphisme n’est pas le seul élément à prendre en compte pour évaluer les planches que l’on a sous les yeux. Il y a aussi la manière de composer les cases, d’agencer les personnages, le décor. De ce point de vue, ONE propose des cases claires, la narration visuelle est telle que l’on avance sans jamais être perdu et il y a quelques explosions graphiques ponctuelles quand l’action atteint un sommet. En somme voilà un manga qui permet d’expérimenter un style que l’on ne rencontre pas tout le temps et ce n’est pas plus mal.

L’édition française proposée par Kurokawa est un peu plus large que les volumes de One-Punch Man et, s’il n’y a pas de pages couleurs, nous bénéficions d’une très belle jaquette avec un effet de relief réussi. La traduction proposée rend bien les décalages présents dans les situations en plus de proposer quelques jeux de mots amusants (Shoryu-sel !). Bref, pas de fausse note à signaler.

un méchant
Un méchant qui va croiser la route de Mob…

Mob en a dans le moteur !

Une fois dépassée la question du graphisme, Mob Psycho 100 se révèle être un manga prenant. Avec une galerie de personnages hauts en couleurs, des pouvoirs psychiques, une bonne dose d’humour et un héros dont il faut surveiller la jauge émotionnelle voici un manga qui nous promet de passer de bons moments en sa compagnie. D’autant plus que le tome 2 est annoncé pour le mois prochain !

copyrights

Publié par

Anvil

Lecteur de manga, manhua, manhwa... visionneur d'animés, films... et de plein d'autres "trucs" car ma curiosité n'a (presque) pas de limites. Je suis touche-à-tout sans être bon à rien. Les avis présents ici n'ont, par conséquent, aucune prétention si ce n'est celle d'offrir un point de vue sur une œuvre qui m'a interpellé. Vous pouvez me retrouver sur Twitter : @Anvil_G ; sur Sens Critique : Anvil et ailleurs... See you Space Cowboy!

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