Kedamame – L’homme venu du chaos, vol.1

« Je regarde la Lune… La régularité
de ses cycles nous rappelle la marche
du temps »
Kokemaru

Le premier volume de Kedamame – L’homme venu du chaos chez Glénat marque les débuts de Yukio Tamai en France avec une aventure où le temps et l’identité se conjuguent pour offrir un départ réussi à une série qui comptera en tout quatre volumes.

 

kedamame tome 1

Quand on arrive en ville

Nous sommes au Japon en 1246. Dans les rues de Kamakura, un contraste apparaît : d’un côté un spectacle d’une troupe itinérante (kugutsu), où deux danseuses s’exécutent devant le regard des passants et ne les laissent pas indifférents. Dans leur sillage les classes sociales se mélangent, comme un tourbillon en formation. Á cette grâce associée à la beauté et la fraîcheur s’oppose la mort d’une prostituée, sauvagement assassinée et vidée de ses entrailles selon un méthode que je ne détaillerai. Toura passe d’une scène à l’autre. Il est ici pour régler cette histoire de meurtres sordides car ce n’est pas la première femme à être retrouvée dans un tel état.

Le coin n’est donc pas vraiment sûr. Un parfum de Jack l’Éventreur et de Hell Blade flotte sur l’archipel nippon. Pour autant la troupe itinérante ne compte pas repartir tout de suite : il faut profiter de sa présence en ce lieu pour se faire connaître et amasser un peu d’argent. Quatre personnes la compose : Mayu et et Kyara ; le père de Kyara et Kokemaru, vagabond rencontré par le trio quelques temps auparavant et qui les accompagne depuis. Signe particulier : les filles lui ont peint un nez et des moustaches de chats. Comme ces derniers Kokemaru ne semble pas très actif…

danse

Qui est Kokemaru ?

Mais une petite expérience des chats ou de lecture de manga suffit à aiguiser l’intérêt. Et si derrière son côté bouffon, un peu bête et maladroit se cachait une autre personne ? Dans une troupe itinérante, il pourrait bien être le meilleur comédien. Manchot, il paraît vulnérable mais lorsque les choses se corsent il fait preuve de capacités stupéfiantes. Et pas seulement parce qu’il sait manier un sabre. La jaquette du tome 1 dévoile du reste une partie de la réponse : son bras faible n’est pas forcément celui que l’on croit. Et ce n’est que la partie émergée de l’iceberg ! Les chapitres avançant on va aller de surprise en surprise jusqu’à l’explosion finale qui conclut le tome.

Qui est-il ? D’où vient-il ? Où va-t-il ? Kokemaru est représentatif d’une interrogation générale qui traverse le volume : celle de l’identité. Identité du meurtrier, véritable identité de certaines personnes… les maquillages sont nombreux car la dissimulation de qui est qui (pour préserver sa vie, pour cacher certains côtés peu reluisants…) n’est pas réservée à une seule personne. Une « démocratisation » qui en dit long sur un univers où les différences sociales sont marquées, à l’instar d’un Innocent Rouge

bretteur

Voyage dans le temps

L’annonce de ce titre, avec un bretteur qui évolue dans un environnement particulier, avec du fantastique au programme m’a fait penser à Taitei no ken. Pour autant si l’ambiance partage quelques points communs, Kedamame est une série qui peut être appréciée pour elle-même, sans besoin de faire des comparaisons. L’impression générale, après ce premier quart du manga est positive : si on accepte le côté un peu « WTF » qui émerge alors on est pris dans ce chaos et la quête de cet homme. Pour un peu on oserait opérer un rapprochement entre Terminator et Kedamame

On est d’autant plus pris que le graphisme de Yukio Tamai s’attire nos faveurs. De la sensualité des personnages féminins (quand ils sont en vie) aux virages graphiques lorsque l’action ou une faculté particulière est activée, l’auteur déploie ce qu’il faut pour inscrire son univers dans les planches et dans les yeux du lecteur. Avec un trait précis et une belle maîtrise des proportions des personnages, le rendu général est de belle facture.

baston

 

Bon appétit !

Ce premier tome ouvre ainsi de nombreuses portes et autant d’interrogations qui ne rencontrent pas toutes une réponse. Tant mieux ! Suivre Kokemaru dans ce qui risque de ressembler à une fuite où les morts ne seront pas absentes devraient permettre à Kedamame – L’homme venu du chaos de justifier un peu plus encore son titre.

 

copyright kedama

Publié par

Anvil

Lecteur de manga, manhua, manhwa... visionneur d'animés, films... et de plein d'autres "trucs" car ma curiosité n'a (presque) pas de limites. Je suis touche-à-tout sans être bon à rien. Les avis présents ici n'ont, par conséquent, aucune prétention si ce n'est celle d'offrir un point de vue sur une œuvre qui m'a interpellé. Vous pouvez me retrouver sur Twitter : @Anvil_G ; sur Sens Critique : Anvil et ailleurs... See you Space Cowboy!

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