Born to be on air!, vol.4 – Minare is baaack!

« J’veux dégommer les mecs jusqu’au dernier
pour faire de Hokkaidô une terre des femmes !
Comme la ville de Kuromatsunai autrefois ! »
Minare Koda

Le temps passe parfois rapidement. Une preuve ? Le tome précédent de Born to be on air! est paru en mai 2017 ! Ce quatrième tome arrive donc à point pour renouer le contact avec un univers et des personnages que l’on aurait presque pu oublier… mais il suffit de quelques pages pour que tout rentre dans l’ordre et que les mondes de la radio et du curry se rappellent à notre bon souvenir.

BTBOA 4

La femme qui a vu l’ours (brun)

Peut-être est-ce dû au plaisir de retrouver la série mais la jaquette du tome 4 ressemble à un tableau. Mes connaissances en art sont trop limitées pour tenter une filiation mais la posture du personnage, sa tasse, l’arrière-plan… Il y a là quelque chose qui, en plus de se prolonger au verso (comme d’habitude), va au-delà de l’illustration. Et puis on retire la jaquette et on se trouve en présence d’un extrait de roman où un garçon et sa belle-mère (qui est ministre de la Défense) rentrent après une soirée a priori arrosée et se rapprochent… Il faudra lire le contenu du tome pour comprendre ce que cette histoire vient faire là. Qu’on se le dise : Born to be on air! continue à surprendre ses lecteurs, à l’instar des auditeurs de Minare.

Comme dans les volumes précédents, l’auteur nous propose un pain au curry renfermant des saveurs variées : alcool, Freud, des couteaux aiguisées, l’origine du prénom de Minare, un téléphone qui souffre, Mylène Farmer, une natte de bambou, un ours brun, le rappel que Makie n’est pas affiliée au Ittô-Ryû, un voyage, des messages subliminaux, Yukari Takinami et des tortues qui ont faim. J’oublie plein d’éléments en route mais l’essentiel à retenir est que ce tome fourmille d’idées, de rapprochements surprenants, de juxtapositions saugrenues qui, pour un peu, réactiveraient les belles heures de l’écriture automatique.

Magie des mots

Le tome est aussi savoureux par les échanges animés qui le composent. Le plus savoureux est celui entre Minare et sa nouvelle meilleure ennemie : l’animatrice vedette de MRS : Madoka Chishiro. Avec son air de Jie Mao, la « vieille peau » (dixit Minare) manie assez bien l’art de casser (mieux que Brice de Nice malgré tout le respect que j’ai pour lui) ce qui donne lieu à des échanges grandioses avec Minare au cours d’une soirée un peu arrosée. Où l’on verra que conduire peut être un désavantage. L’autre échange marquant, plus court, concerne le brave Chûya qui va faire la rencontre du frère de Makie. Et quand il apprend que la frangine dort chez Chûya le frangin va un peu péter les plombs (vous devez lire la page 22 du tome).

Á dire vrai il y a tellement d’échanges qui valent le coup qu’il faudrait mentionner toutes les pages du volume. Contrairement à d’autres titres, il est difficile d’isoler une phrase, tant elle s’insère dans une suite, appartient à un ensemble qui la rend intelligible voire est éclairée par une évocation hors champ. L’univers de Born to be on air! n’est pas celui du silence et on peut dire que ça débite ! Aussi on ne peut que souligner le travail de traduction et d’adaptation d’Anaïs Koechlin (déjà repéré par ailleurs) qui rend toujours aussi bien la verve de Minare (et des autres personnages !), sa mauvaise foi, ses envolées lyriques, les ruptures de tons… (Le casse-pieds que je suis ajoutera que page 176 il croit avoir repéré qu’il manque un s à « zones dépeuplées« )

Un peu de sérieux

Si le volume est donc désopilant il n’empêche qu’il contient aussi ses moments plus sérieux, qui font réfléchir. Et comme une salve sortie de la bouche de Madoka on ne l’avait pas forcément vu venir. Que cela concerne la jeunesse de Madoka, la volonté réaffirmée de Makie de trouver sa voie, de s’émanciper de la présence envahissante de son frère, la bonté de Mizuho et de Chûya le volume sait rapidement nous désarçonner. Mais le passage le plus marquant est à mes yeux celui qui concerne le scénariste : Katsumi Kureko. Là aussi les propos qu’il tient sont parfaitement ciselés pour modifier l’ambiance (en lien avec l’organisation des planches) en quelques phrases et nous plonger un bref instant dans la condition du scénariste (la page 130 est à cet égard marquante).

En somme, derrière les rires et les prises de becs, le manga nous montre aussi le quotidien pas toujours facile de personnes qui font face à diverses galères (voire les provoquent…), s’efforcent de faire au mieux. Elles ne font pas partie du 1% et n’ont donc pas à gérer la culpabilité des riches et cela rend leur quotidien encore plus intéressant à suivre. On le voit du reste avec les titres des chapitres, qui continuent de synthétiser l’état d’esprit d’un personnage, le plus souvent – mais pas exclusivement – Minare, au cours de ce chapitre avec la prédominance de négations, l’affirmation d’une résistance, d’un refus ou d’une envie.

« Tu es sûre que c’est la destination finale du voyage de ta vie ? »

Cela fait donc du bien de revoir Born to be on air! dans le paysage. On n’est jamais à l’abri d’une phrase choc, d’une réaction imprévisible : si on peut s’imaginer les grands axes de la série, l’incertitude n’est pourtant jamais loin tant le manga peut partir dans tous les sens. Un vrai plaisir. Quand arrivera le tome 5 ? Il semble que la parution japonaise n’ait pas trop avancé aussi il faudra peut-être attendre l’année prochaine pour connaître la suite… peu importe !

P.S. : vous pouvez retrouver l’anecdote lettrage de ce tome à cette adresse.

Publié par

Anvil

Lecteur de manga, manhua, manhwa... visionneur d'animés, films... et de plein d'autres "trucs" car ma curiosité n'a (presque) pas de limites. Je suis touche-à-tout sans être bon à rien. Les avis présents ici n'ont, par conséquent, aucune prétention si ce n'est celle d'offrir un point de vue sur une œuvre qui m'a interpellé. Vous pouvez me retrouver sur Twitter : @Anvil_G ; sur Sens Critique : Anvil et ailleurs... See you Space Cowboy!

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