L’Atelier des Sorciers, vol.1 – Formule magique

« Il ne reste plus que [les sorts] qui rendent les
gens heureux ! Par conséquent tes découvertes
vont s’accompagner de beaucoup de joie. »
Kieffrey

La sortie du premier tome de l’Atelier des Sorciers marque l’arrivée d’une nouvelle mangaka dans les rayons de l’Hexagone : Kamome Shirahama.  Une arrivée réussie grâce à un univers où une jeune fille fascinée par la magie va réaliser son rêve… pour réparer une erreur. La loi de l’échange équivalent s’appliquerait-elle aussi chez les sorciers ? Les lignes qui suivent ne prétendent pas répondre à cette question.

atelier-des-sorciers-1-pika

Un secret bien gardé

La magie fait partie de ces éléments qui ont bercé l’enfance de bon nombre de personnes via de multiples supports (jeux, films, livres – et pas forcément Harry Potter –, bandes dessinées…). Réciter des sorts, en lancer… il y avait quelque chose d’entraînant, d’envoûtant dans cette idée. Dans l’univers de Kamome Shirahama on ne lance pas des sorts : on les dessine. Bien sûr la magie peut être utilisée pour faire le bien ou le mal. On n’échappe pas à cette dichotomie dans l’Atelier des Sorciers même si le magicien Kieffrey annonce qu’il ne reste plus que les sorts qui « rendent les gens heureux », le résultat d’années sombres où la magie a emporté bien des vies.

Parce que par le passé, la magie était chose commune : tout le monde pouvait l’utiliser. Et à cause de la nature humaine il y a eu des débordements. Aussi une grande illusion a vu le jour : les magiciens ont retiré la magie aux hommes. Ils l’ont privatisée ; elle est devenue ésotérique, réservée à quelques initiés qui suivent un cursus honorum pour prétendre devenir magicien. Qui plus est, l’usage de la magie doit se faire à l’abri des regards indiscrets sinon le secret sera éventé. La curiosité étant un vilain défaut, Coco ne pourra s’empêcher de regarder Kieffrey et de prendre connaissance du secret si bien gardé. Elle voudra faire de la magie elle-même mais depuis l’Apprenti sorcier de Fantasia on sait que la maîtrise des forces magiques n’est pas chose aisée.

tentation

L’apprentie sorcière

Pour réparer son erreur, Coco va devenir l’apprentie de Kieffrey. Finie sa vie tranquille où elle découpait du tissu. Elle rêvait de magie ; son rêve va devenir réalité. En compagnie de trois autres apprenties, aux caractères différents, elle a à peine le temps d’apprendre quelques rudiments,  de passer avec succès une épreuve et voilà que, déjà, un défi de taille se dresse sur sa route. Et on pressent que notre héroïne sera prise entre deux feux : celui des magiciens qui veulent maintenir les choses en l’état et d’autres, la confrérie du capuchon qui paraît animer par des desseins plus… corrosifs dirons-nous, du moins pour ce que l’on peut en deviner. Les apparences seront peut-être trompeuses.

En somme si d’exclue – à l’instar du héros de Naruto ou My Hero Academia pour ne citer que deux exemples récents – elle est intégrée dans le petit cercle de la magie on peut se demander pour quelles raisons et si le monde enchanté qui nous est dépeint par Kieffrey ne se cache pas un monde un peu trop enchanteur… L’élitisme des magiciens pour le bonheur du plus grand nombre est un argument efficace mais qui mérite d’être questionné. Pour autant l’Atelier des Sorciers ne verse pas pour autant dans un côté sombre univoque, l’auteure insère plusieurs passages humoristiques touchant à des domaines variés (de la douche pour Agathe en passant par la fascination de Coco pour les WC…) qui participent d’une bonne ambiance qui peut toutefois se troubler ponctuellement.

Kieffrey
Kieffrey qui est assez classe avouons-le

Bibidi Bobidi Bou !

Ce premier volume interpelle pour au moins deux autres raisons. La première renvoie au graphisme. Kamome Shirahama montre que l’on peut porter la double casquette d’illustratrice et de mangaka sans problème. Le rendu est net, rien ne dépasse, les visages comme les décors sont soigneusement détaillés (attardez-vous sur le rendu des mains) et certaines planches sont illuminées par ce que propose l’auteure. La seconde raison est liée à la magie : le fait qu’il faille dessiner convoque le lien entre le magicien et l’artiste (voire le mangaka) : il y a peu d’élus, ce n’est pas si simple (hésitations, traits imparfaits…), pour réussir il faut être apprenti auprès d’un maître (à l’instar des mangaka qui ont débuté comme assistant ?). On ne peut s’empêcher de penser que l’artiste est le magicien des temps modernes, dont l’art contribue à rendre les gens heureux.

Du côté de l’édition française, le volume est dans le droit fil de ce que propose Pika pour sa collection seinen. L’impression est propre, le volume se manipule sans difficulté. La traduction a été confiée à Fédoua Lamodière (que l’on retrouve du côté d’Altaïr) pour un très bon résultat. J’ai été particulièrement marqué par les moments comiques où les propos répondent parfaitement à la situation. Il en va de même dans les autres endroits du volume : les registres de langue sont clairement identifiés et les phrases qu’on lit se coulent idéalement dans l’atmosphère du manga : une atmosphère faussement douce, entraînante, comme si on lisait à côté d’un cours d’eau, en pleine nature.

transition min
Magie de la transition en une (superbe) case

Ensorcellement

La magie fait un retour réussi avec l’Atelier des Sorciers avec un premier volume qui pose méthodiquement les bases pour la suite (mystère autour du passé de Kieffrey, du pourquoi Coco a été « choisie » par les capuchonnés…) et propose un récit qui mérite qu’on s’arrête sur certaines planches, pour voir l’univers déployé par l’auteur (vivement la Tour-bibliothèque !). Un ensemble plus qu’appréciable qui ne demande qu’à être approfondi début juin avec le second tome !

 

copy atelier

 

Publié par

Anvil

Lecteur de manga, manhua, manhwa... visionneur d'animés, films... et de plein d'autres "trucs" car ma curiosité n'a (presque) pas de limites. Je suis touche-à-tout sans être bon à rien. Les avis présents ici n'ont, par conséquent, aucune prétention si ce n'est celle d'offrir un point de vue sur une œuvre qui m'a interpellé. Vous pouvez me retrouver sur Twitter : @Anvil_G ; sur Sens Critique : Anvil et ailleurs... See you Space Cowboy!

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