La fabrique des corps – Réparer et augmenter les vivants ?

« On peut affirmer que les squelettes retrouvés
ont été amputés, car les os tranchés présentent
des sections trop nettes pour être le fruit d’un
accident. C’est jamais très net, un bras boulotté
par un smilodon. »
Ambroise Paré

Second titre la collection Octopus, La fabrique des corps de Héloïse Chochois nous propose un parcours qui permet d’explorer l’univers des amputations en plus de consacrer des développements aux prothèses utilisées pour remplacer le ou les membres perdus. Des thèmes on ne peut plus actuels mis en bande dessinée pour un résultat qui mérite qu’on s’y attarde.

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Le Maître d’armes – Fahrenheit – 451

« Nous avons toujours fait nos prières dans
un langage entendu de tous, au lieu que dans
l’Église romaine ils font toutes les leurs dans
une langue qu’on n’entend pas. L’usage du
langage inconnu à l’église sert à tenir les
populations dans l’ignorance, afin qu’elles se
laissent conduire sans contredire et par cet
artifice le clergé veut se rendre vénérable
comme ayant seul communication avec Dieu »

Ce propos que Pierre Lezan livre à ses enfants en 1700(1), alors qu’il a dû abjurer la religion réformée quinze ans plus tôt, ne peut qu’interpeller le lecteur du Maître d’armes de Xavier Dorison (scénario) et Joël Parnotte (dessins et couleurs). Si le récit de la bande dessinée se déroule dans la première moitié du XVIe siècle, la question du langage pour accéder au savoir y est fortement présente, si bien que le propos de Pierre Lezan se retrouve dans la bouche des personnages comme nous allons le voir ci-dessous.

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